Attaque au couteau sur le parvis, tirs d’armes automatiques dans les coursives et prise d’otages massive au cœur des loges : le stade Ernest-Wallon a été le théâtre d’une spectaculaire simulation de crise terroriste. Organisé dans le cadre de la préparation des services de l’État aux menaces contemporaines, cet exercice grandeur nature sans précédent a mobilisé plus de 540 professionnels – forces d’élite, démineurs et urgentistes – afin de tester en temps réel la coordination, la réactivité et les protocoles de secours face à un scénario de tuerie de masse en milieu confiné.
« À l’aide, à l’aide », crie une victime en s’échappant de la bodéga du stade Ernest-Wallon. Alors que le Stade Toulousain mène face au Stade Français 24-17, les hurlements les plus féroces proviennent de l’extérieur de l’enceinte. Un homme armé d’un couteau a poignardé une victime. Les policiers de la brigade anticriminalité sont intervenus en premier pour sécuriser la zone. Quelques minutes plus tard, alors que l’assaillant venait d’être maîtrisé, de nombreux coups de feu ont résonné dans l’enceinte sportive où les joueurs s’affrontaient pour ce match du Top 14.
« Jouer comme on s’entraîne »
« Il est important de dire qu’il s’agit d’une simple fiction. C’est un exercice grandeur nature », prévient un policier. « Le scénario vise à nous entraîner sur une tuerie de masse. On démarre avec un premier événement à l’extérieur du stade, suivi d’un deuxième à l’intérieur, qui se termine par une prise d’otages. » L’objectif pour les secours est de « jouer comme on s’entraîne ». « C’est une journée d’entraînement dans un lieu mythique où l’ensemble des services de l’État se prépare », confie le colonel des pompiers Christophe Ghianni, en charge d’une partie des opérations.
Après les premiers coups de couteau, de faux terroristes s’introduisent dans les travées. Les balles de mitraillettes fusent, une partie des spectateurs est évacuée en urgence, l’autre est prise en otage. « Ferme-la, bouge pas », ordonnent les kidnappeurs, très convaincants. Le temps est long pour les victimes. Des dizaines sont maquillées, les blessures par balles sont plus vraies que nature.
Le Raid intervient comme en réalité
Puis le Raid fait son apparition. « C’est un lieu vaste, avec beaucoup de personnes potentiellement présentes dans les travées. Il faut rapidement analyser la zone, trouver où se trouvent les preneurs d’otages », confie leur commandant, sérieux dans sa mission d’entraînement. À l’aide d’un drone, le Raid trace son itinéraire pour éviter les tirs. L’unité d’intervention finit par pénétrer dans les travées du stade puis progresse jusqu’aux loges, où les terroristes se sont retranchés.
Quinze matchs par an à gérer
Un défi logistique majeur pour Jean-Luc Brumont, le directeur des opérations du Stade Toulousain : « Nous sommes confrontés au moins quinze fois par an à des opérations d’envergure puisque nous organisons des rencontres à guichet fermé. Ces rencontres nous amènent beaucoup d’obligations et je pense que nous ne sommes pas toujours préparés à des événements supérieurs en termes d’intensité, qui nous amèneraient vers des situations de crise. »

L’opération, qui a mobilisé plus de 540 personnes, dont des médecins du Smur, des démineurs et la police judiciaire toulousaine, se poursuit jusqu’en début de soirée. « Nous avons joué le jeu sans oublier le moindre détail. Notre scénario prévoit même l’orientation des blessés vers les CHU les plus proches », souligne la préfecture.













