À quelques jours des grands départs en vacances, le refuge AMDA de Caubeyres, affilié à la SPA du Lot-et-Garonne, modifie ses conditions de prise en charge des animaux abandonnés. Une décision prise alors que la structure fait face à une fermeture temporaire pour raisons sanitaires et que l’été, période la plus critique pour les refuges, approche à grands pas.
À peine l’été approche-t-il que les refuges animaliers se préparent déjà à l’une des périodes les plus difficiles de l’année. À Caubeyres, dans le Lot-et-Garonne, le refuge AMDA, affilié à la SPA du 47, vient d’annoncer un changement important de son fonctionnement. Désormais, les demandes d’abandon ne seront plus traitées par simple message privé sur les réseaux sociaux. Un formulaire en ligne devra obligatoirement être rempli avant toute démarche. Une décision qui illustre la pression croissante exercée sur les structures d’accueil alors que les grandes vacances approchent.
Des vacances d’été qui inquiètent déjà les refuges
Chaque année, la même inquiétude revient. Les mois de juillet et d’août correspondent à la période où les abandons d’animaux explosent en France. Selon les associations de protection animale, plus de 300 000 animaux sont abandonnés ou pris en charge chaque année. Parmi eux, environ 60 000 le sont durant l’été.
Chiens laissés sur des aires d’autoroute, chats déposés devant les refuges ou abandonnés dans la nature : les structures d’accueil se retrouvent rapidement saturées. À Caubeyres, le refuge AMDA a donc décidé d’adapter son organisation. « Afin de mieux organiser le traitement des demandes et de réduire la charge administrative de notre équipe, les demandes d’abandon devront désormais être effectuées via un formulaire en ligne », explique le refuge sur sa page Facebook.
Un formulaire pour mieux connaître la situation de chaque animal
Le document permettra aux équipes de recueillir dès le départ les informations essentielles : identification de l’animal, état de santé, comportement, ententes avec d’autres animaux, raisons de la demande d’abandon ou encore situation du propriétaire. Le refuge insiste toutefois sur un point important : remplir ce formulaire ne signifie pas que l’animal sera automatiquement accueilli. « Chaque demande sera étudiée individuellement, en fonction des places disponibles, du profil de l’animal et de la situation présentée », précise l’association.
Certaines règles restent également inchangées. L’animal doit obligatoirement être identifié au nom du propriétaire demandeur. Les chiens de première catégorie ne sont pas acceptés et aucune prise en charge ne pourra se faire sans rendez-vous préalable.
Une fermeture temporaire en pleine période sensible
Cette réorganisation intervient dans un contexte déjà compliqué pour la structure. Le refuge a dû fermer temporairement ses portes au public du 3 au 17 juin inclus en raison d’une situation sanitaire. Deux problèmes touchent actuellement les animaux accueillis : une toux du chenil du côté des chiens et une épidémie de teigne à la chatterie.
L’équipe a souhaité rassurer ses soutiens. « Les protocoles sanitaires nécessaires sont mis en place, les animaux sont suivis et notre vétérinaire nous accompagne afin que la situation soit gérée au mieux », assure le refuge. Pendant cette période, seuls les rendez-vous déjà programmés sont maintenus.
« Continuer à consacrer du temps aux animaux déjà présents »
Au-delà des difficultés actuelles, le refuge souhaite avant tout préserver la qualité de l’accompagnement des animaux qu’il héberge déjà. « Cette nouvelle organisation a pour objectif de nous permettre de répondre plus efficacement aux demandes, tout en continuant à consacrer un maximum de temps aux animaux déjà présents au refuge », explique l’équipe.
Car accueillir un animal abandonné demande du temps, des moyens et des compétences. Il faut assurer les soins vétérinaires, la nourriture, les promenades, le nettoyage des locaux, mais aussi accompagner l’animal vers une future adoption. Or, chaque été, le nombre d’arrivées augmente brutalement.
L’abandon n’est pas une fatalité
Pour les associations, il existe pourtant de nombreuses solutions pour éviter d’en arriver là. De plus en plus d’hôtels, campings et locations acceptent les animaux de compagnie. Il existe aussi des services de garde entre particuliers, des pensions spécialisées ou encore la possibilité de faire appel à des proches. L’abandon n’est d’ailleurs pas seulement un geste lourd de conséquences pour l’animal : il est aussi puni par la loi.
En France, abandonner volontairement son animal est considéré comme un acte de cruauté. L’auteur des faits encourt jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. Ces peines peuvent être portées à cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende si l’abandon entraîne la mort de l’animal. À Caubeyres comme ailleurs, les équipes espèrent que l’été 2026 ne sera pas synonyme d’une nouvelle vague d’abandons. Car derrière chaque dossier, chaque formulaire et chaque place disponible, il y a surtout un animal qui cherche un foyer… et une seconde chance.
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