Alors que le Stade Toulousain et le Racing 92 seront opposés en demi-finale du Top 14, ce vendredi 19 juin au stade Vélodrome de Marseille (21 h 05), les deux premiers rendez-vous entre les deux équipes, lors de la saison régulière, ont été accompagnés d’événements marquants.
Toulouse – Racing 92 (11e journée, 29 novembre 2025, Ernest-Wallon, 48-24)
Antoine Dupont, le retour
Près de neuf mois qu’il attendait ça. Victime d’une rupture du ligament croisé antérieur du genou droit lors du Tournoi 2025, le demi de mêlée toulousain est enfin prêt à refouler les pelouses. Quelques semaines plus tôt, au moment de signer en grande pompe sa prolongation (2031) sur la pelouse d’Ernest-Wallon, il avait donné rendez-vous au public.
« Vous me manquez beaucoup et j’espère que la prochaine fois qu’on se verra, j’aurai des crampons aux pieds », avait-il dit à la mi-temps du match du Stade Français. Pari tenu, avec une entrée en jeu (50) pour disputer la dernière demi-heure devant un stade comble et comblé de revoir en action le totem du rugby français.
Pita Ahki, le départ
Des émotions façon montagnes russes. Car si la soirée est marquée par le bonheur de voir Dupont faire son retour à la compétition, elle signe aussi la fin de l’histoire toulousaine de Pita Ahki pour un 159e et dernier rendez-vous en « rouge et noir » dans un mélange de joie et de tristesse au rythme des « Ahki ! Ahki ! » et des discours.
Si discret, et même si le retour de Dupont a détourné bon nombre de projecteurs, le centre néo-zélandais, désormais joueur des Auckland Blues, s’est retrouvé gêné de tant d’honneurs. Ils étaient pourtant amplement mérités après une aventure de sept saisons dans la Ville rose ponctuée de sept titres (5 Brennus et 2 Champions Cup). « Le meilleur centre néo-zélandais que les All Blacks n’auront pas eu », témoignera Ugo Mola après la rencontre.
Janick Tarrit, le craquage
Alors que le Racing 92 est dans le coup et s’apprête à rentrer aux vestiaires au contact (8-3), Janick Tarrit vrille littéralement et assène un violent coup de tête à Efrain Elias au détour d’un ruck. Bilan des opérations : carton rouge, essai toulousain… d’Elias dans la foulée et un suspense quasiment tué.
« On prévoit beaucoup de choses quand on entraîne, on met des stratégies en place, on essaie de prévoir un peu ce que fait l’adversaire mais il y a un truc qu’on ne prévoit pas, c’est la bêtise, avait réagi, furieux, Patrice Collazo. Donc moi je peux tout comprendre, je peux tout entendre, mais il y a des trucs, non, c’est fin de non-recevoir. Quand ça met le collectif en danger, quand ça met l’équipe en danger, quand ça casse la dynamique de l’équipe, c’est fin de non-recevoir… En fait, vous anéantissez la stratégie de la semaine, le travail de la semaine. »
Initialement suspendu cinq semaines par la commission de discipline et des règlements, le talonneur des « ciel et blanc » en prendra trois de plus après un appel de la FFR.
Racing 92 – Toulouse (26e journée, 6 juin 2026, Paris La Défense Arena ; 31-20)
Thomas Lacombre, la surprise
Déjà assuré d’être premier, le Stade Toulousain se déplace à Nanterre sans pression et avec pas mal de blessés en troisième ligne (Banos, Castro-Ferreira, Jelonch ; Ntamack n’est pas sur la feuille). Et c’est donc avec le n°6 dans le dos que Thomas Lacombre, talonneur le plus utilisé cette saison par le staff stadiste, débute la partie face aux Franciliens.
Un test en vue de la demi-finale ou du bricolage ? Ugo Mola avoue qu’il s’agit plutôt de la deuxième option : « Si, si, ça en est un peu », s’est-il amusé.
Ugo Mola, des messages à faire passer
Alors que le Stade Toulousain vient de perdre pour la quatrième fois en huit journées et n’a plus enchaîné deux victoires de rang en Top 14 depuis fin février, le manager toulousain, dont le club est le seul de l’exercice précédent à s’être à nouveau qualifié pour les phases finales, s’est montré plutôt irrité par le traitement des médias eu égard au classement de son équipe.
« Tout le monde s’inquiète de savoir si Toulouse est bien. Mais Toulouse est premier. Vous feriez mieux de vous inquiéter de ceux qui ne sont pas qualifiés ! », avait lancé, entre autres piques, le boss du staff stadiste. Une déclaration visant sans la nommer l’Union Bordeaux-Bègles, double championne d’Europe en titre. Son président, Laurent Marti, avait en effet livré une interview à Sud Ouest un peu plus tôt dans la semaine, au cours de laquelle il évoquait les envies de Brennus du club.
Patrice Collazo, des comptes à régler
Le manager du Racing 92 lit la presse. Et comme il est du genre sanguin, il manque rarement l’occasion de faire savoir en conférence de presse que quelque chose ne lui a pas plu. Il avait ainsi peu goûté aux articles publiés durant la semaine sur ses problématiques au niveau des joueurs issus des filières de formation.
En retard sur la moyenne imposée par le règlement de la LNR au cours d’une saison (16 par match sous peine d’écoper d’un retrait de six points lors de l’exercice suivant), le Racing avait l’obligation d’en aligner 18 face aux Toulousains. Alors forcément, après avoir validé in extremis la qualification en barrage, l’ancien pilier n’a pas boudé son plaisir en fin de prise de parole.
« Il n’y a pas une question sur les Jiff ? » s’étonnait-il. Avant de lancer à l’un des journalistes de L’Équipe présent dans la salle : « Tu pourras dire à ton collègue qu’il y avait 10 joueurs issus du centre de formation et qu’au Racing, on est capable de trouver 18 Jiff d’un bon niveau. »











