Selon Atmo Occitanie, l’agence régionale de surveillance de la qualité de l’air, cette dernière était stable en 2025. Cependant, les nouvelles normes européennes et le dérèglement climatique pourraient faire augmenter le nombre de personnes exposées à la pollution de l’air. Explications.
Avec 40 000 décès par an, la pollution est la deuxième cause de mortalité évitable en France. Un chiffre qui fait de la qualité de l’air un véritable enjeu de santé publique. C’est pourquoi elle est observée quotidiennement par l’agence Atmo Occitanie. Et selon l’organisme, conventionné par l’État, qui dresse un bilan de l’année 2025, elle est plutôt stable dans la région, par rapport à 2024.
En effet, « nous observons une diminution du dioxyde d’azote dans l’air ainsi que des particules fines. Mais ces données optimistes sont nuancées par l’augmentation de l’ozone », décrit Dominique Tilak, directrice générale d’Atmo Occitanie. Une tendance qui résulte notamment de la baisse de 3% des gaz à effet de serre sur le territoire, de 6% des consommations d’énergie et du recul des polluants atmosphériques », précise sa présidente Émilie Dalix.
Le dioxyde d’azote géographiquement concentré
Plus précisément, moins de 1% de la population d’Occitanie reste exposée à un dépassement de la valeur limite de dioxyde d’azote tolérée en France (40 µg/m3/an), soit entre 500 et 1 600 personnes. Mais, ces seuils sont appelés à baisser avec la nouvelle règlementation européenne qui entrera en vigueur au plus tard en 2030. Ainsi, au regard de la future législation, qui fixera à 20 µg/m3/an la limite pour la protection de la santé, ce sont 70 900 à 135 350 personnes qui seraient concernées par cette pollution au dioxyde d’azote, principalement générée par le trafic routier.
Toutefois, Atmo Occitanie note que, « de plus en plus, les villes secondaires se trouvent concernées par cette pollution, le long des grands axes routiers. Narbonne, Albi, Montauban, Béziers, Sète ou Tarbes vont devoir s’engager pour faire baisser leur taux de dioxyde d’azote dans l’air », constate Dominique Tilak.
La pollution aux particules maîtrisée
Peu d’habitants d’Occitanie sont également touchés par les particules de type PM 10, qui proviennent en majorité de sources naturelles (sel de mer, feux de forêt et érosion des sols par le vent), comme celles qui ont provoqué une alerte pollution dans les Hautes-Pyrénées et l’Ariège en début de semaine, mais aussi d’activités humaines comme les transports, le chauffage, et l’industrie. Moins de 300 personnes y sont confrontées aux yeux de la règlementation française.
Ces dernières se concentrent dans les villes de Montpellier, Perpignan et Toulouse, à proximité du trafic routier… mais pas que. Car, en hiver, c’est le chauffage au bois qui génère le plus de PM 10. Les habitants de Tarbes et Montauban, subissent alors une pollution aux particules fines plus importante : 18µg/m3 pour les premiers et 16 µg/m3 pour les seconds.
Les particules fines sous haute-surveillance
En revanche, 16% des Occitans respirent un air pollué par les particules fines PM 2,5, émises la plupart du temps par les systèmes de chauffages résidentiels et le trafic routier. Toutefois, cette part est stable à l’échelle régionale.
Mais la région étant vaste et diverse, ce n’est pas le cas partout. Dans l’aire urbaine de Toulouse, par exemple, ces taux ont même augmenté en 2025, par rapport à l’année précédente : plus de 440 000 personnes sont exposées au PM 2,5 (seuil 2030). Un nombre appelé à augmenter quand les hivers sont particulièrement froids. Une tendance également observée à Perpignan où plus de 130 000 habitants sont concernés.
De l’ozone dans toute la région
Et si l’importance de l’impact des polluants de l’air sur la santé varie selon qu’elle est observée par le prisme de la règlementation française ou européenne, il n’y a plus de débat concernant l’ozone. En effet, selon les mesures d’Atmo, la totalité de la population régionale y est confrontée, quelle que soit la valeur seuil prise en compte.
L’Occitanie est même la troisième région de France la plus sensible à l’ozone, qui se forme en période estivale, sous l’effet du rayonnement solaire et lorsque les températures sont élevées. Les départements du Gard et de l’Hérault y sont particulièrement exposés, leur ensoleillement étant le plus important de la région. Cependant, comparé à la canicule de 2003, les taux restent inférieurs, « grâce la modernisation du parc de véhicules et des processus industriels » explique Emilie Dalix.
L’impact du dérèglement climatique
Ainsi, Atmo Occitanie reste optimiste quant au niveau de la qualité de l’air dans la région, et salue les efforts des collectivités qui ont mis en place des politiques publiques volontaristes pour réduire le nombre de kilomètres parcourus en véhicules thermiques et développer les transports doux ou collectifs, ceux des industriels qui ont adapté leurs pratiques et ceux des citoyens qui suivent les recommandations. Mais Émilie Dalix prévient : « Avec les nouveaux seuils européens qui vont abaisser les limites à respecter pour des questions de protection sanitaire, de plus en plus de personnes vont se trouver exposées, même la qualité de l’air elle, est stable ou s’améliore. »
De même, la présidente d’Atmo Occitanie met en garde contre l’impact du climat sur la qualité de l’air : « La multiplication des incendies contribue à faire augmenter les concentrations de particules fines, quand les fortes chaleurs génèrent davantage d’ozone. » Alors, si nous parvenons à réduire la pollution liée à l’activité humaine, celle liée au dérèglement climatique rappelle qu’il faut aller plus vite. « Il faut supprimer les polluants à la source, en sortant de l’énergie fossile », enjoint Émilie Dalix.















