Un homme de 22 ans a été condamné, mardi 23 juin, par le tribunal correctionnel de Toulouse à quatre ans de prison ferme pour avoir transporté 6,545 kg de cocaïne depuis le Brésil. La drogue, dissimulée dans des livres spécialement fabriqués, avait été découverte lors d’un contrôle aléatoire des douanes à l’aéroport Toulouse-Blagnac.Le trafic de cocaïne s’invite dans l’aéroport de Toulouse-Blagnac. Un jeune Letton y a été arrêté avec plus de 6,5 kg dissimulés dans des livres. Le tribunal a prononcé quatre ans de prison ferme.
« La cocaïne est un fléau, sous ma présidence, le tribunal fera toujours preuve de fermeté », tonne Fabrice Rives à l’instant du prononcé du jugement de Gaitis, ce mardi 23 juin. Cinq semaines plus tôt, le 10 mai, ce Letton de 22 ans avait vu les astres s’aligner à son encontre. Alors qu’il atterrissait à l’aéroport de Toulouse-Blagnac en provenance du Brésil, ses bagages ont fait l’objet d’un contrôle aléatoire par le service des douanes. Il semblerait que l’agent douanier en poste ce jour-là ait eu un flair digne des plus fins chercheurs d’or. Sous les apparences ordinaires d’un retour de voyage, le contrôle révèle alors une cargaison dissimulée avec méthode, loin du bricolage improvisé.
10 000 euros dans sa poche
« Étaient camouflées dans des livres fabriqués à cet effet cinq plaques de cocaïne pour une masse totale de 6,545 kg », relate le président Rives. « Par ailleurs, on trouvera dans votre téléphone une vidéo datée de la veille de cette préparation », précise le magistrat.
Dans le box, Gaitis semble hagard, le regard ployé vers le sol, les mains nouées à l’arrière du dos, il fait peu diligence face aux interrogations du tribunal, répondant par bribes, comme s’il mesurait trop tard le poids de ce voyage. Il concède toutefois avoir été rémunéré « 10 000 euros » pour ce transport et avoir accepté du fait de sa précarité économique. « Comment avez-vous pu voyager au Brésil si vous n’avez pas d’argent ? », s’étonne le président Rives. « C’était pour mes vacances », rétorque le prévenu. De quoi provoquer la circonspection du tribunal.
Selon le représentant de l’administration des douanes présent à l’audience, la valeur de la marchandise importée sur l’Hexagone équivaut à 201 001 euros. Aussi, il demande une amende douanière de cette valeur. Dans son sillage, le procureur qualifie le prévenu de « mule » et requiert une peine de quatre ans de prison dont une année avec sursis, avec une interdiction du territoire français définitive.
Un casier vierge
En défense, Me Thomas Monnie appuie sur le casier judiciaire « vierge » de son client. Et surtout sur sa difficulté à s’opposer aux donneurs d’ordre, « les vrais trafiquants de ce dossier ». Selon l’avocat, Gaitis n’a pas le profil d’un organisateur mais celui d’un exécutant, happé par une promesse d’argent rapide et dépassé par l’ampleur du trafic auquel il a prêté son corps et sa valise.
Après en avoir délibéré, le tribunal condamne Gaitis à une amende douanière de 201 001 euros et à quatre années de prison ferme avec maintien en détention. Une décision qui est associée à une interdiction définitive du territoire français.














