Deux corps, ceux d’un couple, ont été retrouvés mardi soir dans une maison du chemin des Étroits, dans le sud de Toulouse. Au lendemain de la macabre découverte, les environs ont retrouvé leur calme tandis que l’enquête privilégie désormais la piste d’un féminicide suivi d’un suicide.
Le portail est refermé. Derrière sa clôture blanche, une vaste villa aux volets entrouverts se dresse le long du chemin des Étroits, dans un secteur verdoyant du sud de Toulouse. Moins de vingt-quatre heures après la découverte des corps d’un homme et d’une femme à l’intérieur de cette maison, le calme est revenu. Seule une discrète étiquette « Scellé », accrochée à un second portail, rappelle qu’ici s’est probablement joué un drame familial.
Mardi soir, les secours avaient été appelés après le signalement de la disparition inquiétante d’une femme. À l’intérieur de la propriété, les pompiers avaient découvert deux corps en état de décomposition. Les enquêteurs privilégient désormais la piste d’un féminicide suivi d’un suicide.

Ce mercredi matin, pourtant, le secteur semble étranger à l’affaire. La route serpente entre les haies impeccablement taillées et les grandes propriétés des coteaux toulousains. Au Golf Club de Toulouse, situé à un peu plus d’un kilomètre, les premiers joueurs peaufinent déjà leur swing. Personne, ou presque, n’a entendu parler du drame.
Même stupeur à Vieille-Toulouse, toute proche. Entre villas contemporaines, anciennes granges rénovées et jardins parfaitement entretenus, les habitants interrogés tombent des nues. Certains préfèrent ne pas répondre. D’autres disent découvrir les faits au détour des questions qui leur sont posées.
« Ils avaient l’air d’un couple normal »
À quelques mètres de la maison, des commerçants du secteur comprennent immédiatement l’objet des questions. « Ça faisait une dizaine de jours que la famille les cherchait », confient-ils, souhaitant conserver l’anonymat. Jeudi dernier encore, une cousine de la victime était venue leur demander s’ils avaient aperçu le moindre mouvement autour de la maison. « Je lui ai dit que si on voyait quelque chose, on la préviendrait. On a appris la nouvelle hier soir. »
Le couple était connu de ces commerçants, qui les croisaient de temps à autre. « De temps en temps, ils venaient nous voir. Franchement, ils avaient l’air d’un couple normal. » Les enquêteurs les ont interrogés sur une éventuelle dispute ou des violences passées. « Ils nous ont demandé si on avait remarqué quelque chose. Mais nous, on n’a jamais rien vu de particulier. »
Le scénario du féminicide se précise
Selon les premiers éléments de l’enquête, les deux victimes vivaient ensemble depuis une quinzaine d’années. La femme, née en 1970, aurait été tuée à l’aide d’un objet contondant. Son compagnon, né en 1959 et inconnu de la justice, aurait ensuite utilisé un fusil de chasse pour mettre fin à ses jours. Les décès remonteraient à environ une semaine, les fortes chaleurs ayant accéléré la décomposition des corps.
C’est l’inquiétude d’un cousin de la victime qui aurait conduit à la macabre découverte. Intrigué de voir les volets entrouverts alors que sa cousine ne répondait plus au téléphone depuis plusieurs jours, il aurait donné l’alerte.
La piste de l’amant explorée
Les investigations se poursuivent désormais pour comprendre ce qui a conduit au passage à l’acte. Les enquêteurs devraient notamment s’intéresser à l’entourage de la victime, qui aurait entretenu une relation avec un autre homme et envisageait de quitter son compagnon. L’homme avec lequel elle était en contact devrait notamment être entendu dans le cadre des recherches. Aucune trace de vol ou d’effraction n’a en revanche été relevée dans la maison.
L’enquête, confiée à la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de Toulouse, devra encore confirmer le scénario privilégié par les enquêteurs. Les autopsies, attendues d’ici à la fin de la semaine, permettront de préciser les causes exactes des décès ainsi que leur chronologie.











