Selon son récit, Sara a récupéré une voiture sur un parking. Elle devait ensuite la convoyer d’un point A à un point B. Quand les forces de l’ordre l’ont interceptée, à Toulouse, elles ont saisi un échantillonnage de cocaïne, de kétamine et de MDMA. La voilà devant la justice.
Taille chétive, visage angélique, voix cristalline, ce vendredi 26 juin, la jeune Sara s’avance à la barre du tribunal correctionnel de Toulouse non sans provoquer l’étonnement de ses juges.
« On m’a donné cette voiture dans un parking »
Un étonnement partagé par les policiers lorsque, trois jours plus tôt vers 20 heures, ils appréhendent le conducteur d’une Citroën C3 au comportement erratique route de Narbonne et font face à cette jeune fille de 22 ans. « Parce qu’ils sentent une forte odeur de cannabis, les forces de l’ordre se décident à perquisitionner votre véhicule », relate le président de la juridiction, Fabrice Rives.
Cet acte est tout sauf vain car les policiers trouveront dans le véhicule 12 g de kétamine, 17 g de cocaïne et 6 g de MDMA. Sommée de répondre de ses actes, la jeune prévenue n’est guère bavarde : « On m’a donné cette voiture dans un parking de Saint-Jory et je devais l’amener à un point précis », murmure-t-elle.
« Pourtant, vos parents sont insérés… »
« L’exploitation de votre téléphone a montré que vous n’en étiez pas à votre coup d’essai mais que vous trafiquiez au moins depuis le 5 juin. Pourtant vos parents sont insérés et travaillent et vous leur avez caché vos petites activités », tance le président. Cramponnée à la barre, Sara demeure muette.
Pour le procureur, les faits dont la jeune fille s’est rendue coupable illustrent « la banalisation du trafic de stupéfiants ». Selon le parquetier, la prévenue « a apporté son concours à un trafic qui délite notre société ». Souhaitant « éviter que la délinquance paie », il requiert 350 jours-amende à 10 euros.
« Elle s’est laissé influencer »
En défense, Me Hidem Droua assure que sa cliente « s’est laissé influencer » et demande à ce qu’elle écope plutôt d’une peine de sursis simple. Après en avoir délibéré, le tribunal condamne Sara à 6 mois de prison avec sursis, 1 000 euros d’amende et un stage de sensibilisation aux stupéfiants.











