Agression sexuelle dans un bus toulousain : une collégienne de 14 ans qui rentrait de l’école a été prise pour cible par un homme alcoolisé. Condamné à un an de prison, le prévenu est désormais inscrit au fichier des délinquants sexuels.
« Elle est super mignonne ». Sourires concupiscents entre camarades de beuverie. La jeune fille qui vient de monter dans le bus Tisséo, au nord de Toulouse, est une collégienne de 14 ans à peine. En ce début du mois de juin, elle rentre chez elle après les cours de l’après-midi.
« Et dans le bus, personne ne bouge ! »
Le duo a trois ou quatre fois son âge. Elle peine à comprendre ce que l’un d’eux baragouine. À 16 heures, il vient de descendre 1,5 litre de bière. « De la 8.6 », pas la plus light. La gamine fixe le sol. Désinhibé, Sébastien, 49 ans, claque des doigts devant ses yeux. « Bichette, bichette ! ». Il insiste. « C’est quoi ton prénom ? ».
La collégienne porte un maillot de foot de l’AS Roma. L’homme en état d’ivresse s’en saisit pour admirer de plus près l’écusson lupin. Il touche la poitrine de la victime, tétanisée. « Et dans le bus, personne ne bouge ! », enrage le procureur. La petite descend à l’arrêt suivant. Sébastien tente de lui faire la bise, lui impose un câlin.
« Son ami se masturbe devant les passants »
Choquée, en larmes, elle se réfugie dans un foyer tout proche. La police est prévenue. Les images des caméras du bus ont capté toute la scène. Sébastien est arrêté et placé en détention provisoire pour agression sexuelle sur mineur(e). Et le voilà dans le box, à trois mètres à peine des parents de la victime. Une maman en larmes, un papa que l’on sent bouillonner. Car le prévenu « ne se souvient plus ».
« Ma fille est très introvertie de nature. Elle s’est isolée de tout. Elle ne voulait plus prendre le bus ou retourner à l’école. Quand elle a essayé, la psychologue nous a appelés au bout de deux heures pour venir la chercher. Elle est partie chez ses grands-parents, au bord de l’océan », relate le père. Il cloue le futur quinquagénaire au pilori. « L’ami qui l’accompagnait dans le bus est très connu à Bruguières pour sortir nu et se masturber devant les passants ».
« Je prends des cachets pour arrêter l’alcool »
« Célibataire sans enfant », le carrossier en formation au cheveu ras se tient dans le box mains dans le dos. Il s’est fait suspendre le permis, mais vit dans sa voiture après avoir été expulsé de son logement. Mauvais payeur. « Sur les huit mentions à votre casier, aucune atteinte sexuelle mais sept se rapportent à l’alcool », résume la présidente qui le bouscule pour obtenir davantage que des réponses évasives.
« Ce jour-là, j’avais joué à la pétanque et bu des bières. Je prends des cachets pour arrêter l’alcool. J’avais arrêté le traitement. Je ne sais pas ce qui m’a pris. J’aurais jamais dû faire ça. J’étais pas dans mon état normal ». La présidente tance. « Si des enfants ne peuvent plus prendre le bus à la sortie du collège sans être inquiétés par un homme ayant trois fois leur âge… ».
« Il l’a regardée comme un morceau de viande »
« Il l’a regardée comme un morceau de viande », dénonce Me Jocelyn Momasso-Momasso, en partie civile. « Ce papa traumatisé ne sait pas quoi dire à sa fille. Il y a l’ambiance nationale et les questions : tu as vu ce qui est arrivé à Lyhanna ? Et si ça m’était arrivé à moi ? ». Le procureur renchérit. « Il a forcé sa bulle d’intimité. Une agression sexuelle sur mineur, c’est très grave ». Il réclame 9 mois dont trois avec sursis probatoire.
« Il préfère dire qu’il ne se souvient pas plutôt que : je suis cet affreux connard qui touche une gamine dans un bus », assène la défense. Me Séverine Faine exhorte le tribunal : « ne le jugez pas plus sévèrement à cause de l’ambiance nationale ou du fait qu’il fréquente un exhibitionniste ! ».
Inscrit au fichier des délinquants sexuels
« Du fait de sa faible remise en question », le tribunal correctionnel de Toulouse a prononcé un an de prison (avec maintien en détention) à l’encontre du prévenu, dont neuf mois avec sursis probatoire. Obligations de soins, de travailler, interdiction de contacter la victime, de paraître à Bruguières et Saint-Jory, et d’évoluer auprès de mineurs dans le cadre professionnel. Les parties civiles obtiennent 2500 euros au titre du préjudice moral. Sébastien est désormais inscrit au fichier des délinquants sexuels. « Chaque année, à votre anniversaire, vous devrez signaler votre adresse à la police », l’avertit la présidente.













