En Occitanie, les remboursements de médicaments par l’Assurance Maladie ont atteint 2,5 milliards d’euros en 2025. Une hausse que la CPAM explique notamment par la progression des traitements innovants, en particulier dans le cancer et les maladies chroniques, qui transforment les dépenses de santé.
Les dépenses de médicaments continuent d’augmenter en Occitanie. Selon les derniers chiffres publiés par l’Assurance Maladie, 2,5 milliards d’euros ont été remboursés en 2025 pour les traitements délivrés en pharmacie de ville, soit une progression de 5,2% par rapport à l’année précédente. Une évolution qui s’inscrit dans une tendance observée depuis plusieurs années et qui reflète les transformations de la prise en charge des patients.
Au cours de l’année, 5,6 millions d’assurés de la région ont bénéficié d’au moins un remboursement de médicament. Rapporté à chaque bénéficiaire, cela représente en moyenne 443 euros pris en charge par l’Assurance Maladie, soit l’équivalent de 38 boîtes de médicaments sur l’année.
Derrière ces chiffres se dessine un changement plus profond. Si les médicaments prescrits pour les affections courantes restent les plus répandus, ce sont désormais les traitements destinés aux pathologies les plus lourdes qui concentrent une part croissante des dépenses.
Les traitements contre le cancer prennent une place croissante
Cette évolution est particulièrement visible lorsqu’on compare la situation actuelle à celle d’il y a une dizaine d’années. Les médicaments les plus consommés ne sont plus nécessairement ceux qui pèsent le plus lourd dans les remboursements.
Le paracétamol en est l’exemple le plus parlant. Avec plus de 36 millions de boîtes remboursées en Occitanie en 2025, il demeure la molécule la plus délivrée. En Haute-Garonne, plus de 7,2 millions de boîtes ont été remises aux patients. Son coût unitaire relativement faible limite toutefois son impact sur les dépenses globales.
À l’inverse, les traitements contre le cancer occupent désormais une place centrale. Les médicaments anticancéreux ont représenté 435 millions d’euros de remboursements en pharmacie de ville en 2025 et les antinéoplasiques sont devenus la première classe thérapeutique remboursée, alors qu’ils ne figuraient qu’au huitième rang en 2016. En Haute-Garonne, ces traitements ont donné lieu à plus de 141 millions d’euros de remboursements.
Cette montée en puissance s’explique notamment par l’arrivée de thérapies toujours plus ciblées, développées pour répondre à des pathologies complexes. Plus efficaces dans certains cas, ces traitements sont également beaucoup plus coûteux. En Occitanie, le médicament Kalydeco par exemple, utilisé dans le traitement de la mucoviscidose, a ainsi représenté 19,5 millions d’euros de remboursements pour 411 patients en 2025.
Des dépenses en hausse qui interrogent les pratiques
Parallèlement à cette évolution, certaines familles de médicaments, notamment celles utilisées contre l’hypertension artérielle ou l’excès de cholestérol, voient leur poids diminuer dans les dépenses de l’Assurance Maladie. Un recul en partie lié au développement des médicaments génériques et aux baisses de prix intervenues ces dernières années.
L’organisme met également en avant la question du bon usage des médicaments. Il rappelle que « 40% des médicaments prescrits ne sont pas consommés », un phénomène qui représente à la fois un gaspillage économique et un enjeu environnemental.
Dans ce contexte, l’Assurance Maladie estime que « les médicaments génériques et biosimilaires jouent aujourd’hui un rôle essentiel dans l’équilibre de notre système de santé ». Les économies réalisées grâce à ces traitements permettent, selon elle, de préserver le financement des médicaments les plus innovants tout en maintenant leur accessibilité aux patients.








