L’ex-gérante d’une société de nettoyage de Toulouse est soupçonnée de travail dissimulé et d’abus de biens sociaux. Avec, possiblement, plus de 70 salariés non déclarés et 250 000 € de cotisations éludées. Mais aussi des aides Covid indûment acquises et des dépenses personnelles effectuées avec la carte bancaire de l’entreprise. L’affaire.
Le travail au noir coûte cher à la solidarité nationale. Selon la Cour des comptes, il grève le budget de la Sécu de 8,5 milliards d’euros par an. Tout sauf une paille.
Aussi, quand les services de l’État tombent au hasard d’un contrôle sur une possible fraude d’ampleur, ils usent de la technique du pitbull : refermer les mâchoires et ne jamais rien lâcher. C’est le cas de cette enquête ouverte en 2018 et plus que jamais d’actualité, à Toulouse.
Plus de 70 salariés employés au noir
Elle démarre par la visite inopinée d’un chantier de nettoyage. Des inspecteurs de la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) contrôlent un homme exerçant au noir. « Il n’avait fait l’objet d’aucune déclaration préalable à l’embauche », relève un connaisseur du dossier.
La société qui l’emploie fait immédiatement l’objet d’investigations plus approfondies de la part de l’Urssaf. Au total, elle aurait employé plus de 70 personnes sans les déclarer. La note grimperait à près de 250 000 euros de cotisations non perçues, aujourd’hui réclamées par l’État.
Soupçons d’abus de bien social
Les services de police se greffent au dossier. En examinant les comptes, ils relèvent divers achats suspects, effectués avec la carte bancaire de la société, pour régler des frais d’habillement ou de salons de beauté.
On est loin des stocks d’éponges, de produits détergents et autres machines à shampooiner ! Retraits de cash à l’étranger et réservations de billets d’avion complètent le tableau qui évoque dans leur esprit de l’abus de bien social.
« Aucun justificatif »
La société a mis la clé sous la porte en 2020. Mais l’ex-gérante aurait tout de même sollicité (et obtenu indûment) des aides Covid, dont la trace a été retrouvée… sur ses comptes personnels et celui de l’un de ses proches.
Les enquêteurs l’ont entendue en audition libre à deux reprises depuis début juillet. « Elle n’a fourni aucun justificatif », déplore une source proche de l’enquête. À ce stade, cette femme de 40 ans demeure présumée innocente. Les investigations se poursuivent. Et les mâchoires du « pittbull » semblent peu disposées à desserrer l’étreinte.










