Pendant près d’un an, Alexis, 47 ans, a cru vivre une véritable histoire d’amour avec une jeune femme rencontrée sur Instagram. Derrière les déclarations enflammées et les promesses de rencontre se cachait en réalité une escroquerie sentimentale bien rodée. Après avoir perdu quelques milliers d’euros, le Toulousain a décidé de raconter son histoire pour alerter d’autres victimes potentielles.
Pendant près d’un an, Alexis, 47 ans, a cru avoir trouvé l’âme sœur. Tout commence en mai 2025. Le Toulousain reçoit des messages privés d’une certaine Karine après avoir commenté ses photos sur Instagram.

Rapidement, une relation virtuelle se noue entre ce quadragénaire en reconversion dans le domaine de l’intelligence artificielle et celle qui se présente comme une étudiante bordelaise de 23 ans.
« Je me suis laissé tenter, je la trouvais très attirante. J’y allais sans m’attendre à grand-chose au début », raconte Alexis.
Très vite pourtant, l’homme devient dépendant de leurs échanges. À six reprises, il tente de la rencontrer, mais Karine trouve toujours un prétexte. « Elle devait rester avec sa tante, elle avait un empêchement… J’ai déjà attendu presque deux ans avant de rencontrer quelqu’un, donc là, un an, ça ne me paraissait pas bizarre. »
« Elle savait comment me parler »
Lorsque sa nouvelle amie lui envoie des messages suggestifs sur Dropfans, Uncov et Telegram, avant de lui proposer des photos et des vidéos pornographiques payantes, Alexis commence à douter, sans pour autant rompre le contact. « Elle savait exactement comment me parler. Elle me disait : ‘Mon homme’, ‘Mon ange’. À un moment, on parlait même d’avoir des enfants ensemble. C’est aussi ce genre de choses qui m’a retenu. »
Peu à peu, Alexis tombe sous l’emprise d’une personne qui semble savoir exactement comment arriver à ses fins. « Je me projetais, je me sentais privilégié. J’avais même des crises de jalousie en la voyant s’exposer autant sur Instagram. C’était addictif. Une partie de moi se doutait qu’il y avait sûrement de la manipulation, mais j’avais envie d’y croire. »
Le déclic survient le 30 avril dernier lorsque Karine lui propose enfin de se voir « pour de vrai ». Alexis abandonne aussitôt ce qu’il est en train de faire, prépare sa valise et prend la route de Bordeaux, où elle est censée habiter.
« Au lieu de me dire où elle se trouvait exactement, elle a continué à vouloir me vendre ses contenus pendant que j’étais sur la route. Je suis arrivé à Bordeaux : rien. Pas d’adresse, pas de rendez-vous. J’ai fini dans une station-service, perdu, fatigué, sans hôtel. J’ai appelé la police, qui m’a dit que ce type de piège arrivait souvent pour dépouiller les gens, ou pire. »
« J’aimerais plus de contrôle »
Alexis fait demi-tour et dépose plainte le surlendemain. S’il a souhaité témoigner dans nos colonnes, c’est, dit-il, pour que son histoire « serve d’alerte ». Il reconnaît avoir fait preuve de naïveté mais estime s’être fait manipuler.
« On pense que ce genre d’arnaque ne touche que les personnes âgées. Pourtant, moi, je travaille dans l’IA et je ne pensais pas pouvoir tomber dans un tel piège. J’aimerais qu’on protège mieux les victimes de ce type de prostitution en ligne. J’ai envoyé un message à l’Assemblée nationale pour que le contrôle soit aussi fort sur les plateformes comme Uncov que sur les sites pornographiques. »
Alexis a perdu plusieurs milliers d’euros dans cette histoire et, surtout, une grande partie de sa confiance dans les relations amoureuses. Il a entamé un parcours thérapeutique pour tenter de se reconstruire.











