Le CHU de Toulouse est le deuxième établissement de santé en France à avoir utilisé les ondes HIFU pour traiter l’endométriose avec atteinte digestive. Une intervention rapide, sans incision, et des patientes qui ont pu récupérer très vite. Un nouvel espoir pour les femmes atteintes de cette maladie très invalidante.
« L’intervention ne dure que quelques minutes et ne nécessite ni incision ni chirurgie lourde. Nous avons déjà pu prendre en charge trois premières patientes. Aucune complication urinaire ou digestive n’a été observée et la récupération a été rapide, sans impact sur la fertilité. » Après l’étude réalisée par le professeur Gil Dubernard aux Hospices civils de Lyon, avec plus de 150 patientes traitées, le CHU de Toulouse est le deuxième établissement de santé à utiliser les ondes HIFU* pour traiter l’endométriose avec atteinte digestive.

Désormais, le CHU de Toulouse propose une prise en charge mini-invasive, réalisée par la professeure Élodie Chantalat et ses équipes à l’hôpital Rangueil et sur le site de l’Oncopole Claudius-Regaud. Cette technique innovante repose sur l’utilisation d’ultrasons, à l’aide d’une sonde introduite par voie endorectale, une intervention à l’intérieur du rectum. Les ultrasons traversent les tissus sains pour se concentrer uniquement sur la lésion ; ils la chauffent, empêchant les cellules de continuer à vivre et à se développer.
Une alternative à la chirurgie lourde
« Cette technique mini-invasive ouvre des perspectives très prometteuses, expliquent Élodie Chantalat, chirurgienne gynécologue, et Marie-Charlotte Delchier, radiologue à l’hôpital Rangueil. Même si la chirurgie reste une solution thérapeutique souvent nécessaire, il est important de pouvoir proposer une alternative aux patientes qui peuvent en bénéficier. En effet, les patientes doivent être sélectionnées selon des indications précises et validées en réunion pluridisciplinaire. » L’endométriose est une maladie chronique qui se caractérise par la présence de tissus semblables à la muqueuse utérine, l’endomètre, en dehors de l’utérus. Ces tissus créent des lésions et irritent les organes environnants, ce qui explique les douleurs très intenses et souvent handicapantes. Dans un cas sur cinq, cette atteinte se situe vers le rectum et peut entraîner des troubles digestifs importants : diarrhées, constipation, envies fréquentes d’aller à la selle ou douleurs lors de rapports sexuels. « Jusqu’à présent, en cas d’échec du traitement médical, le traitement habituel consistait en une chirurgie longue entre deux et trois heures, plus ou moins lourde, au cours de laquelle le chirurgien retirait les lésions », souligne-t-on au CHU de Toulouse. Ce type de chirurgie peut entraîner des complications et, dans certains cas, nécessiter la mise en place temporaire d’une stomie afin de laisser le temps à l’intestin de cicatriser. D’où l’intérêt des ultrasons. »
Un parcours de soins innovant
Avec cette nouvelle technique, le CHU de Toulouse complète les dispositifs déjà mis en place pour lutter contre l’endométriose. Ainsi, le parcours de soins FastTrack propose une prise en charge globale et personnalisée des patientes atteintes d’endométriose, grâce à la collaboration d’une quinzaine de services hospitaliers. De la conception à la ménopause, les patientes bénéficient d’un suivi coordonné, associant consultations spécialisées et examens adaptés à leurs symptômes. Un programme d’éducation thérapeutique a également été mis en place. Ce programme aide les personnes atteintes d’endométriose à mieux gérer la maladie au quotidien, en comprenant ses mécanismes, ses traitements, la prise en charge de la douleur et ses impacts sur la vie personnelle, tout en identifiant les ressources etprofessionnels du parcours de soins.
Enfin, le projet de recherche Endotreat a été lancé sur trois ans avec pour but de développer de nouveaux modèles d’étude et d’identifier de futurs traitements. Il inclura 25 patientes et s’appuie sur un partenariat avec EndoFrance, la région Occitanie, des laboratoires Inserm et la start-up Urosphère. La filière EndOccitanie, pour la prise en charge de l’endométriose, est née en novembre 2023, mandatée par l’Agence régionale de santé Occitanie. Le but est la structuration du diagnostic, des soins et du suivi des patientes atteintes d’endométriose, dans le cadre de la coopération Ville-Hôpital.












