Deux députés d’Occitanie, Jacques Oberti (Haute-Garonne) et Jean-René Cazeneuve (Gers), ont présenté un rapport sur l’avenir des missions de service public de La Poste. Ils proposent de revoir le financement et l’organisation du réseau postal face à la baisse du courrier et aux nouveaux besoins des territoires.
Le sujet dépasse largement les frontières de l’Assemblée nationale : il concerne directement les habitants des villes moyennes, des zones rurales et des territoires où le bureau de poste reste parfois un point d’accès essentiel aux services du quotidien. Jacques Oberti, député socialiste de Haute-Garonne, et Jean-René Cazeneuve (majorité présidentielle), député du Gers, se sont penchés sur l’avenir des missions de service public confiées à La Poste. Dans un rapport publié le 1er juillet 2026, les deux élus d’Occitanie proposent plusieurs pistes d’évolution dans la perspective d’une nouvelle loi postale.
Après plus de 15 ans sans réforme d’ensemble du cadre postal, leur travail vise à mesurer l’adéquation entre les missions confiées à La Poste et les réalités actuelles. Car depuis la dernière loi en la matière, les habitudes des usagers ont profondément changé : les échanges numériques ont pris une place croissante, le recours au courrier traditionnel a fortement diminué et les attentes en matière de services de proximité ont évolué.
Les parlementaires se sont intéressés aux quatre missions exercées par La Poste pour le compte de l’État : le service universel postal, la distribution de la presse, l’aménagement du territoire et l’accessibilité bancaire. Selon leurs conclusions, le financement associé à ces missions ne permettrait plus de couvrir totalement les coûts supportés par l’entreprise, avec un déficit évalué à plus d’un milliard d’euros par an.
La baisse du courrier bouleverse l’équilibre du modèle postal
Cette situation s’explique notamment par la transformation profonde de l’activité historique de La Poste. Le volume de courrier distribué a été divisé par 3,5 depuis 2005 et devrait continuer à reculer pour atteindre environ 3 milliards d’objets en 2030.
Dans le même temps, le rôle du réseau physique évolue. La fréquentation des bureaux de poste a été divisée par trois en 16 ans, mais leur présence demeure un enjeu important dans de nombreux territoires, notamment lorsque d’autres services publics se raréfient. Les rapporteurs relèvent également que le fonds destiné à accompagner le maintien du réseau présenterait un besoin de financement supplémentaire de près de 45 millions d’euros pour 2026.
Face à ces évolutions, les deux députés avancent plusieurs propositions pour revoir l’organisation et le financement des missions publiques. Leur recommandation principale consiste à inscrire dans une future loi postale une compensation minimale correspondant à 66% du coût réel des missions de service public, contre 49% actuellement, avec une montée en charge prévue sur cinq ans.
Vers un nouveau rôle pour le réseau postal dans les territoires
Le rapport ne se limite toutefois pas à la question financière. Il invite également à réfléchir aux nouvelles fonctions que pourrait assurer le réseau postal, en particulier dans les secteurs où la proximité reste un enjeu majeur.
Les députés proposent ainsi de développer certaines activités sur la base de partenariats contractuels, comme le portage de repas ou de médicaments, la veille sociale ou encore l’appui à certaines opérations administratives. L’objectif affiché est de renforcer l’utilité du réseau existant sans créer de nouvelles missions inscrites dans la loi.
La distribution de la presse constitue également un point de réflexion. Aujourd’hui, ce dispositif représente un coût d’environ 600 millions d’euros par an pour La Poste. Le rapport envisage une évolution du système, avec un soutien davantage porté par l’État directement auprès des éditeurs.
« La Poste doit poursuivre ses gains de productivité tout en respectant ses engagements », indiquent Jacques Oberti et Jean-René Cazeneuve dans leurs recommandations générales. À travers leurs 39 propositions, les deux parlementaires d’Occitanie avancent donc des pistes de réflexion pour que le service postal s’adapte aux contraintes économiques mais qu’il maintienne une présence de proximité pour les habitants des territoires, notamment ruraux.










