Ils seraient, selon lui, deux en France. À Gagnac-sur-Garonne, en Haute-Garonne, Éric nage au milieu de milliers de robots-piscine que certains jetteraient en raison de devis de réparations trop élevés. Lui les répare en grattant au plus profond de leurs entrailles. En une dizaine d’années, par le simple bouche-à-oreille, il s’est forgé une notoriété dans toute l’Occitanie.
« Oups ! Pas de photo ici, s’il vous plaît, c’est le bazar, ça peut faire peur… ! » Peur est peut-être un grand mot ; surprendre, en revanche, sans doute un peu… Il y en a pourtant des choses à voir dans cette pièce étrange où des milliers de câbles et autres moteurs entourent le « bassin d’essais » qui n’est autre… qu’une solide piscine gonflable. Mais qu’importe le flacon… C’est ici, et dans les autres pièces d’un local jadis dédié à de la prestation de services pour professionnels, à Gagnac-sur-Garonne, qu’Eric Ponchel plonge tous les jours dans sa société à nulle autre pareille.
Pas de bureau, encore moins de secrétaire, ni de hall d’accueil. Ici, c’est simplicité absolue où le client non averti marque parfois un temps d’arrêt après avoir poussé la vieille porte vitrée. Et pourtant… s’il est un lieu où la dictature de l’apparence s’incline devant un savoir-faire discret, c’est bien là. Bienvenue chez MCE Robot Piscine.
Une connaissance illimitée des robots
Dans un étrange fouillis, où poser un pied sans bousculer une machine nécessite concentration, celui qui participa jadis à la conception du « premier robot piscine français » est devenu le maître de la réparation et de la vente de robots reconditionnés. Son secret ? Une connaissance sans limites d’absolument tous les robots, mais pas seulement.Ce qui fait le succès de ce spécialiste, c’est avant tout une philosophie qui va à l’encontre de la surconsommation : « Quasiment tout se répare ! Je fais d’abord un devis gratuit, ce qui est assez rare, avouons-le. Et je m’organise pour faire au prix le plus bas, un peu comme on faisait il y a quelques années avec l’électroménager, par exemple », confie le spécialiste en répondant à une énième demande par mail : « Je dois parfois changer des pièces mais je répare beaucoup et je fais toujours au mieux pour que ça reste accessible ».
Le client contacté ce jour-là pour récupérer son Dolphin S200 est ravi : « on lui avait dit qu’il fallait tout changer pour presque 500 euros. J’ai démonté la bête. Il n’y avait qu’un seul des trois moteurs en panne. J’ai facturé 180 euros. »Une garantie d’un an est également assurée notamment pour les robots reconditionnés vendus entre 200 et 600 euros.
Des robots à batterie contrariants
Le succès est confirmé. D’une trentaine de robots réparés l’année de son installation, il y a dix ans, ce sont aujourd’hui 900 robots qui passent, tous les ans, par les mains du magicien ! « Ici, pas question de plumer les gens mais de leur rendre service et de gagner ma vie, bien entendu. Et comme toutes les marques tombent un jour en panne, je les répare toutes ! On serait deux, en France, à travailler ainsi ».
Eric ne recule en effet devant aucun de ces engins aquatiques bourrés d’électronique même s’il ne cache pas une petite crainte : « j’avoue qu’aujourd’hui, je ne répare quasiment aucun robot sans fil, à batterie. Jusqu’à présent, c’est poubelle, direct ! La première panne est la prise d’eau sur la batterie qu’il faut changer, ce qui revient quasiment aussi cher qu’un achat neuf. Mais demain, ça évoluera peut-être… ».
En attendant, c’est de toute l’Occitanie et parfois de bien plus loin que viennent les robots, comme cet énorme Mopper français prêt à quitter l’atelier pour rejoindre la Belgique. Pour en arriver là, un long chemin a été parcouru depuis la petite entreprise de câblage dirigée avec sa maman, à la fin des années 90. Puis il y a eu le grand plongeon dans une nouvelle activité alors que les piscines fleurissaient partout. Depuis, le chiffre d’affaires de la société grimpe de 10 % tous les ans.














