Le 3 août, Emmanuel V. est décédé sur le chantier de la ligne C à Labège, près de Toulouse. Initialement présenté comme un malaise, l’incident est désormais considéré comme un accident du travail, entraînant l’ouverture d’une enquête pour homicide involontaire. Ce décès est le troisième sur ce chantier, soulevant des questions sur la sécurité. Elle repose sur une responsabilité partagée entre le maître d’ouvrage Tisséo, les maîtres d’œuvre et les entreprises exécutantes. On a questionné Tisséo sur le cadre légal. Décryptage.
La polémique, y compris sur le champ politique, commence à poindre après les révélations de La Dépêche concernant la mort d’Emmanuel V. le 3 août dernier sur le chantier de la Ligne C, à Labège près de Toulouse. Ce qui avait été présenté comme un malaise par les responsables du chantier serait en réalité un accident du travail, et une enquête a été ouverte par le parquet de Toulouse pour homicide involontaire. L’autopsie a en effet conclu à « un syndrome d’écrasement ». Le procureur de la République de Toulouse, David Charmatz, précise : « Ce n’est pas du tout un malaise qui a provoqué la mort, le fonctionnement de l’engin de levage, conduit par un tiers, paraît être à l’origine du drame. » L’enquête des gendarmes se poursuit.
Troisième décès sur le chantier de la Ligne C
Outre le contexte judiciaire, embarrassant pour Alstom, fleuron industriel mondial et responsable de cette partie du chantier, la mort du compagnon début août est le troisième décès intervenu sur le chantier de la 3e ligne du métro toulousain. Lundi 4 mars 2024, une pièce en béton s’est effondrée à Labège, sur une portion du chantier sous la responsabilité du groupe Bouygues, provoquant la mort d’un salarié et en blessant plusieurs autres. Le mardi 9 décembre 2025, rue du Faubourg-Bonnefoy, un ouvrier de 46 ans a perdu la vie après s’être retrouvé coincé sous une machine de près de 30 tonnes.
« La sécurité des compagnons qui travaillent sur les chantiers de nos projets est une priorité absolue », réaffirme Tisséo. Interrogé sur le sujet, le maître d’ouvrage rappelle ne faire « aucune concession sur la sécurité des compagnons pour assurer la tenue du budget et des délais du projet. »
Une chaîne de responsabilités sous surveillance
Un projet comme celui de la construction de la Ligne C implique plusieurs acteurs. Tisséo en tant que maître d’ouvrage est responsable de l’organisation générale de la prévention. Le maître d’œuvre « conçoit et organise le projet en intégrant la prévention, il est responsable de la direction des travaux ». « Le coordonnateur sécurité et protection de la santé (CSPS) coordonne les intervenants, et enfin l’entreprise est responsable de la santé et de la sécurité de ses propres salariés » précise Tisséo.
L’opérateur de transport indique aussi que « pour les gros marchés de travaux, un collège inter-entreprise de sécurité, de santé et des conditions de travail (CISST) est en place. Cette instance est notamment chargée de la concertation et de la consultation avec les travailleurs appelés à intervenir sur les chantiers. »
Alstom, responsable du chantier sur lequel Emmanuel V. a perdu la vie, n’a pas souhaité réagir : « L’enquête étant toujours en cours, nous ne ferons aucun commentaire pour le moment. »











