Vivre en couple sans pour autant partager le même toit : c’est le principe du « célicouple », une nouvelle façon de concevoir la vie à deux qui séduit de plus en plus de Français. À Toulouse, cette formule attire notamment des personnes qui souhaitent préserver leur indépendance, éviter les contraintes du quotidien ou composer avec une famille recomposée. Jeunes ou plus âgés, plusieurs Toulousains racontent pourquoi ils ont choisi de vivre leur couple autrement.
Depuis quelques années, un nouveau mot émerge pour décrire une autre façon de vivre en couple : le « célicouple ». Contraction de « célibataire » et « couple », il désigne les personnes qui se considèrent en couple tout en vivant séparément. Une formule qui séduit certains Toulousains, jeunes comme moins jeunes, pour différentes raisons. À la rencontre de ces couples 2.0, ils nous racontent leur vision de la vie à deux, bien loin des standards traditionnels.
Une nouvelle façon de vivre le couple
Bien loin des schémas traditionnels, certains Toulousains se tournent aujourd’hui vers le célicouple. Le principe est simple : être ensemble, mais chacun chez soi. Une organisation qui permet notamment d’éviter certains tracas du quotidien. Pour Christine, 61 ans, le célicouple est devenu le compromis parfait. « Ça fait trois ans que je suis en célicouple. Avant, j’ai été mariée, j’ai eu des enfants et, au final, on s’est séparés. Aujourd’hui, j’ai besoin de ma solitude pour me ressourcer ».
Pour elle, le célicouple s’est donc imposé comme une évidence. « On ne s’encombre pas des agacements du quotidien, on ne se crée pas de contraintes. C’est une liberté, toujours dans le respect de l’autre », décrit-elle.
Un état transitoire avant la cohabitation
Pour d’autres Toulousains, le célicouple est davantage considéré comme une étape avant de vivre sous le même toit. C’est le cas de Joris, en célicouple depuis trois ans, qui espère à terme pouvoir s’installer avec sa compagne. Pour l’instant, « nous avons chacun deux enfants d’une union précédente. La garde alternée de chacun impose de vivre sous le même toit seulement une semaine sur deux, en raison de la scolarisation des enfants. C’est une nécessité car une famille recomposée doit forcément composer avec les différents foyers ».
Même constat chez Anaïs : « cette organisation n’est pas seulement un choix de liberté. Elle est aussi largement imposée par notre réalité familiale et la distance géographique avec l’autre parent ». Sans oublier les charges de cette organisation. « Deux maisons signifient aussi deux fois l’entretien, les courses, les réparations, les factures et toute la logistique quotidienne. Il faut constamment faire des allers-retours, transporter des affaires, organiser où l’on dort, gérer deux foyers… et finalement consacrer beaucoup d’énergie à maintenir deux vies parallèles alors que nous aimerions parfois simplement avoir une vie commune ».
Une formule qui séduit davantage les plus âgés
Autre situation, autre génération : Éloïse, 22 ans, est restée en célicouple pendant un peu moins d’un an. Pour la jeune Toulousaine, il s’agissait cette fois d’un choix assumé. « On se sentait trop jeunes pour habiter ensemble. Alors on a préféré rester chacune chez soi. C’était plus agréable quand on se retrouvait, il y avait cette sensation de manque », explique-t-elle.
Au fil de notre reportage, une tendance semble se dégager : les jeunes sont moins nombreux à se tourner vers le célicouple. Certains expliquent préférer « partir de chez ses parents pour vivre directement avec quelqu’un », quand d’autres évoquent simplement « l’envie d’être avec la personne tout le temps ». Certains ne comprennent même pas vraiment l’intérêt de cette organisation.
Au final, même si cette situation peut parfois surprendre ou questionner, elle séduit néanmoins de plus en plus de Toulousains.
Quelques chiffres sur le « célicouple »
Cette nouvelle façon de concevoir le couple concernerait près de 2 millions de Français, selon l’Institut national d’études démographiques (Ined).
En parallèle « ce sont principalement les 45-65 ans (22 %) qui adoptent ce mode de vie », contre les 26-30 ans, dont 68 % préfèrent vivre en ménage.
Les 31-40 ans sont dans une relation depuis 3,6 ans en moyenne, et 55 % d’entre eux ont l’intention de prendre un logement commun dans les 2 ans, tandis que parmi les 51-65 ans qui sont ensemble depuis près de 11 ans, seuls 22 % ont l’intention d’emménager sous le même toit. Une tendance qui montre que les jeunes sont bien moins séduits que les moins jeunes par le célicouple.












