Présenté comme un simple témoin de la violente rixe survenue dans une cellule de la maison d’arrêt de Seysses, un détenu de 25 ans aurait en réalité pleinement participé à l’affrontement. À l’issue de leur garde à vue, le jeune homme et le beau-père d’Emilio, âgé de 42 ans, ont été mis en examen pour tentative de meurtre. La victime, grièvement brûlée, reste hospitalisée. L’enquête doit encore déterminer qui a déclenché l’incendie et utilisé la chaussette remplie de verre pilé.
Son récit semblait, au départ, permettre aux enquêteurs de reconstituer la scène. Mais au fil de la garde à vue, son rôle aurait considérablement évolué. Le détenu de 25 ans qui se présentait comme un simple témoin de la rixe survenue le 20 août dans la cellule 1110 de la maison d’arrêt de Seysses est désormais soupçonné d’avoir pleinement participé aux violences.
Du témoin au suspect
Le jeune homme assurait jusque-là être resté étranger à l’affrontement opposant ses deux codétenus. Selon sa première version, le détenu de 42 ans, beau-père d’Emilio, se serait montré particulièrement agressif envers le troisième occupant de la cellule, âgé de 65 ans.
Le quadragénaire aurait insulté le sexagénaire, notamment en le traitant de « pointeur » et de « violeur », avant de se jeter sur lui et de tenter de l’étrangler. Mais les investigations menées par les gendarmes de la brigade de recherches de Muret auraient fragilisé cette version. Le détenu de 25 ans ne se serait pas contenté d’assister à la scène.
À l’issue de leur garde à vue, les deux hommes, âgés de 25 et 42 ans, ont été mis en examen pour tentative de meurtre.
Des rôles encore flous
Les enquêteurs cherchent désormais à établir la responsabilité précise de chacun. Qui a utilisé la chaussette remplie de verre pilé découverte après les faits ? Qui a volontairement déclenché l’incendie à l’intérieur de cette cellule d’environ 9 m² ? À ce stade, ces questions restent sans réponse définitive.
La violence de l’affrontement, elle, ne fait aucun doute. Une série de coups aurait d’abord été portée avant que le feu ne gagne la cellule. Les flammes s’étaient rapidement propagées, obligeant les sapeurs-pompiers à intervenir au cœur de la détention. Une douzaine d’agents pénitentiaires avaient également été mobilisés.
Quinze jours d’ITT
Le détenu de 65 ans, grièvement brûlé au cours de l’incendie, est toujours hospitalisé. Son pronostic vital n’est pas engagé, mais ses blessures restent importantes. Après l’avoir examiné, le médecin légiste lui a prescrit près de quinze jours d’incapacité totale de travail.
Les investigations doivent encore permettre de reconstituer l’enchaînement exact des violences et de comprendre si les deux mis en examen ont agi ensemble ou successivement. Ils restent présumés innocents.
Une unité psychiatrique
Le plus âgé des deux hommes, défendu par Me Sarah Nabet-Claverie, a été placé dans une unité psychiatrique. Son avocate alertait déjà sur son état de santé au moment de sa garde à vue. « Mon client nécessite des soins psychiatriques. J’ai demandé qu’une expertise soit réalisée au plus vite », indiquait-elle alors.
Ce détenu de 42 ans doit également comparaître prochainement devant la cour d’assises. Il est soupçonné d’avoir tué Emilio, le fils de sa compagne âgé de 14 ans, à Alénya, dans les Pyrénées-Orientales, en 2024. Dans le dossier de Seysses, l’enquête se poursuit pour déterminer qui a porté les coups, manié l’arme artisanale et allumé l’incendie.















