Alors que Santé publique France estime à 40 le nombre de décès en excès en Occitanie lors de la canicule de juillet, certains départements apparaissent davantage touchés, comme dans le Lot, frappé par une surmortalité. Les professionnels ont renforcé leur vigilance auprès des personnes isolées.
La carte de Santé publique France publiée le 19 août 2026 après plusieurs épisodes de canicule, interpelle. Dans le Lot, le Gers ou encore l’Aveyron, l’excès de mortalité apparaît nettement supérieur à la moyenne régionale. Mais attention à l’interprétation : en Occitanie, 1.861 décès ont été observés entre le 3 et le 22 juillet, contre 1.821 attendus, soit 40 décès supplémentaires (+ 2,2 %). Ces chiffres restent provisoires et concernent la mortalité « toutes causes confondues ».
« Oui, la chaleur est un facteur qui peut venir aggraver certaines pathologies qui vont conduire au décès, mais ce n’est pas le seul »**, rappelle Jérôme Pouey, épidémiologiste à Toulouse pour la cellule de Santé publique France en Occitanie. Autrement dit, ces décès ne peuvent pas, à ce stade, être attribués directement à la canicule. Et dans les départements où les effectifs sont faibles, quelques décès supplémentaires peuvent faire bondir les pourcentages.
« On a isolé toutes les personnes qui étaient seules »
Sur le terrain, pourtant, la chaleur est bien identifiée comme un facteur de fragilité. Dans le Lot, la Fédération de l’ADMR, le réseau national associatif de service à la personne, a renforcé son dispositif auprès de ses bénéficiaires. « On a isolé toutes les personnes qui étaient seules, et on a fait un accompagnement extrêmement spécifique et beaucoup plus poussé pour s’assurer qu’elles allaient bien », raconte Martial Lagrue, son directeur.
L’association avait identifié 300 à 400 personnes nécessitant une vigilance accrue cet été. Les salariés et les bénévoles les ont contactées régulièrement, parfois plusieurs fois par jour. Les interventions pouvaient également être décalées, dès 7 heures du matin ou en fin de journée, pour éviter les heures les plus chaudes.
Et les salariés avaient eux-mêmes des consignes strictes : faire boire un verre d’eau au client à l’arrivée, et un autre avant de repartir, pour être sûr qu’ils restent hydratés.
Un changement de comportement qui alerte
Dans ce département très rural, les intervenants ne surveillent pas seulement l’hydratation des personnes les plus vulnérables. Ils observent la température, la fatigue, l’état général, mais aussi les changements de comportement. « Une personne qui d’habitude parle, peut se retrouver peut-être un peu muette quand elle va mal », explique Martial Lagrue. Pour les équipes, ce changement inhabituel peut être le premier signal qu’il faut « tirer la sonnette d’alarme ». « Pendant ces canicules, nous avons d’ailleurs fait plus d’appels aux pompiers et au 15 », assure le directeur de la Fédération de l’ADMR du Lot.
Une vigilance qui pourrait devenir la norme. Car Santé publique France souligne que l’épisode de juillet a été exceptionnel par sa durée et son étendue, tandis que les personnes de 75 ans et plus représentent les trois quarts des décès en excès observés au niveau national.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555

















