Carole Delga demande à Emmanuel Macron une « nationalisation temporaire » de l’usine de Fibre Excellence à Saint-Gaudens. La présidente de la Région Occitanie réclame une participation de l’État à hauteur de 15 millions d’euros afin de gagner du temps pour trouver un partenaire industriel et préserver les 270 emplois.
« Je demande au président de la République française une nationalisation temporaire pour Fibre Excellence », annonce Carole Delga, présidente de la Région Occitanie. Concrètement, elle souhaite une prise de participation de l’État à hauteur de « 15 millions d’euros, dont une participation au capital de 5 millions et un prêt de 10 millions ». Une somme qui viendrait compléter les 13 millions d’euros que la collectivité prévoit de mobiliser. L’objectif : tenir « le temps d’obtenir un partenariat industriel en capacité de pouvoir produire à nouveau » sur le site de Saint-Gaudens. « Nous avons besoin de temps parce que le président du tribunal de commerce ne peut pas aller au-delà d’un certain délai. La nationalisation temporaire est absolument indispensable », insiste l’élue.
La Région Occitanie « en contact avec des investisseurs étrangers »
Pour rappel, une nouvelle audience du tribunal de commerce de Toulouse doit se tenir le 8 septembre. À cette occasion, l’offre de reprise portée par la Région à travers l’Agence régionale des investissements stratégiques, d’un montant de 90 millions d’euros, dont « 31 millions pour relancer l’activité et 60 millions pour la diversification », sera examinée. « Nous avons jusqu’à jeudi soir pour l’améliorer », précise Carole Delga. La présidente de Région indique être « en contact avec des investisseurs étrangers », après avoir audité « près de 150 entreprises ». Un investisseur portugais, producteur de pâte à papier, a notamment visité le site ce mardi. « Nous n’avons pas d’autre choix que de travailler avec des investisseurs étrangers puisque Fibre Excellence est le dernier producteur de pâte à papier en France. Il n’y a donc pas d’autre industriel français dans ce secteur ».
Des industriels français sont en revanche présents en aval de la filière. « Je pense en particulier à l’entreprise Soprema qui est très intéressée pour récupérer les copeaux bois et la cellulose produite par la chaleur de l’usine pour fabriquer des panneaux d’isolation. Mais nous avons besoin d’avoir un opérateur qui assume le modèle économique et le risque entrepreneurial. Et les contacts sont au niveau européen », rappelle Carole Delga. Problème : un investisseur étranger doit « se familiariser avec les règles françaises », ce qui nécessite du temps. « Il faut que l’État nous accompagne », insiste-t-elle, avant d’ajouter que « cette décision tient du président de la République ».
Une rentabilité « dès la fin de l’année 2027 » pour Fibre Excellence
Concernant la rentabilité du site, Carole Delga assure que l’usine a « une capacité à produire dans des conditions économiques compétitives ». « Des études ont été menées par des cabinets spécialisés, par mes équipes aussi. Le modèle économique tourne, c’est-à-dire que nous avons une rentabilité dès la fin de l’année 2027 à travers la vente de pâte à papier et également l’énergie qui est produite par les trois turbines ». Selon l’élue, l’État dispose donc de « tous les éléments qui démontrent la rentabilité financière, mais également le besoin pour notre pays », notamment en matière de souveraineté industrielle, d’écologie et de production de produits d’hygiène et médicaux.
« Nous ne devons pas continuer à manquer de volontarisme. Nous devons être en adéquation avec les discours de réindustrialisation et la réalité sur le terrain », estime la présidente de Région. Selon elle, une fermeture de Fibre Excellence coûterait d’ailleurs bien plus cher à l’État, notamment « à travers le drame social qui se jouera ». Elle chiffre ce coût à 55 millions d’euros, dont « 15 millions environ pour les indemnisations chômage » des 270 salariés et « 40 millions pour la dépollution et le démantèlement du site ». « Nous sommes à un moment où il est nécessaire que l’État prenne sa part. Moi, je continue à y travailler », assure Carole Delga, qui dit en avoir « assez de ce pays où rien ne bouge et où les discours ne sont pas suivis des faits ».













