Face aux limites des traitements classiques de l’apnée du sommeil, le CHU de Montpellier continue d’innover en proposant désormais une nouvelle solution. Un implant innovant, destiné à certains patients souffrant de formes modérées à sévères, est posé depuis quelques mois à l’hôpital Gui de Chauliac.
20%. C’est le pourcentage de Français qui souffriraient d’apnée du sommeil. Et pourtant, seulement 4% d’entre eux sont traités. Pour rappel, il s’agit d’un « trouble de la ventilation nocturne dû à la survenue anormalement fréquente de pauses respiratoires ». Il est causé par des « épisodes répétés d’obstruction des voies respiratoires supérieures ».
Des traitements traditionnels parfois mal tolérés
Plusieurs traitements sont actuellement proposés : la pression positive continue (PPC), qui consiste à porter un masque qui maintient sous pression les voies aériennes pour qu’elles restent ouvertes, et l’orthèse d’avancée mandibulaire (OAM), un dispositif dentaire qui avance légèrement la mâchoire pour éviter l’obstruction des voies respiratoires.
Sauf que le premier, qui est le plus efficace des deux, est « parfois mal toléré » à cause du bruit, de l’inconfort et des contraintes qu’ils génèrent. Quant au second, qui est une alternative à la PPC pour les formes légères à modérées, nécessite « une bonne dentition et un suivi dentaire régulier » et « peut être inefficace » ou également mal supporté.
Un nouveau dispositif contre l’apnée du sommeil
Face aux « limites des traitements conventionnels », le CHU de Montpellier propose aujourd’hui un implant innovant contre l’apnée du sommeil. Celui-ci est posé autour du nerf hypoglosse qui contrôle tous les mouvements de la langue. Ainsi, cet implant vient le stimuler pour activer les muscles des voies aériennes supérieures afin de les maintenir les ouvertes pendant le sommeil.
Pour cela, il se compose d’un stimulateur miniaturisé, d’une électrode de détection respiratoire et d’une de stimulation. Le patient peut le piloter via une télécommande et ainsi activer ou désactiver la stimulation, mais également augmenter son niveau de stimulation. En plus de ça, le système, qui analyse en continu le rythme respiratoire, est capable de délivrer une stimulation ciblée au moment optimal.
Qui peut bénéficier de cet implant ?
En somme, une « alternative innovante » qui est cliniquement validée. En effet, plusieurs études montrent « une réduction significative des événements d’apnée, une amélioration de la qualité du sommeil et un impact positif sur la qualité de vie des patients » avec ce dispositif. Depuis quelques mois, la pose de cet implant est donc réalisée au bloc ORL de l’Hôpital Gui de Chauliac du CHU de Montpellier.
L’intervention chirurgicale dure environ deux heures et est suivie d’une hospitalisation d’une nuit. La pose est indiquée et remboursée pour les patients souffrant d’apnée du sommeil modérée à sévère, « en échec ou intolérants aux traitements classiques ». Une vidéo-endoscopie du sommeil est notamment nécessaire pour identifier les personnes éligibles.















