Un parent d’élève qui avait menacé une enseignante de décapitation au Fauga (Haute-Garonne) a été condamné jeudi à six mois de prison ferme. Une décision saluée par Mickaëlle Paty, sœur du professeur d’histoire Samuel Paty décapité en 2020, qui y voit une condamnation « à la hauteur des faits ».
« C’est quelque part un soulagement », s’est réjouie sur RTL Mickaëlle Paty, qui s’est engagée sur la question après l’assassinat terroriste de son frère. « Ce travail a été très long pour réussir à obtenir une forme de protection que les enseignants demandent depuis longtemps (…) Je pense que ces décisions auraient dû être actées très précocement suite à (l’)attentat », a-t-elle poursuivi.
La militante a dit s’inquiéter que les enseignants puissent être à nouveau menacés pendant cette année scolaire. « Ils arrivent toujours la boule au ventre en se disant c’est peut-être moi le prochain », a regretté Mickaëlle Paty.
Application d’un décret visant à protéger les enseignants
Vendredi 4 septembre, le père d’un élève de 9 ans a menacé une enseignante de décapitation, après qu’elle a puni son fils. Jugé jeudi en comparution immédiate à Toulouse, l’homme a été condamné à six mois de prison ferme et incarcéré à l’issue de l’audience. Il devra également suivre un stage de citoyenneté, a précisé le parquet.
À la suite de cette affaire, le ministre de l’Éducation Édouard Geffray a annoncé jeudi mettre en place une des premières applications d’un décret visant à protéger les personnels éducatifs, face aux parents d’élèves menaçants. Ce texte, en vigueur depuis le 29 juillet, permet aux chefs d’établissement de demander l’affectation d’un élève dans un autre établissement, en cas de comportement agressif de son parent à l’encontre d’un membre du personnel éducatif.
Le 16 octobre 2020, le professeur d’histoire-géographie Samuel Paty avait été décapité à la sortie de son collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) par le terroriste islamiste Abdoullakh Anzorov. L’enseignant avait auparavant montré à sa classe des caricatures de Mahomet publiées par Charlie Hebdo, lors d’un cours sur la liberté d’expression.
Trois ans après, quasi-jour pour jour, Dominique Bernard, professeur de lettres modernes, a été tué dans l’enceinte d’un lycée d’Arras (Pas-de-Calais) par un terroriste, qui avait prêté allégeance à l’État islamique.
















