Rue d’Anjou à Paris, deux copains sans diplôme débarquent en Scénic pour un rendez-vous secret. Vingt ans plus tard, les stars du sport dorment sur leurs matelas. Les rugbymen du Stade Toulousain, les joueurs du TFC et d’autres sportifs de haut niveau figurent parmi les clients de Sampur, entreprise toulousaine spécialisée dans la literie. Derrière cette réussite se cache l’histoire de deux amis d’enfance d’Empalot qui ont parié toutes leurs économies sur une innovation alors inconnue en France. Découvrez l’incroyable virage qui a tout changé.
Quand les joueurs du Stade Toulousain rejoignent leur lit après un match de Top 14, ils dorment parfois sur un matelas signé Sampur. Ils ont adopté les produits de cette entreprise toulousaine devenue l’un des acteurs incontournables de la literie en France. Pourtant, l’histoire de la marque ne commence ni dans les vestiaires du Stade Toulousain ni dans les bureaux d’une grande entreprise. Elle débute à Empalot, où Michel Monge et Michel Bendaoud grandissent ensemble. Sans diplôme, les deux amis empruntent des chemins différents avant de se retrouver autour d’une idée.
100 000 euros et beaucoup d’audace
Lors d’un voyage en Asie, Michel Bendaoud découvre les matelas roulés et compressés à mémoire de forme, une technologie alors quasiment inexistante en Europe. Convaincus du potentiel du produit, les deux hommes investissent près de 100 000 euros, soit toutes leurs économies, pour lancer leur entreprise au début des années 2000. Les deux associés perçoivent immédiatement le potentiel de ce marché encore vierge. L’un apporte sa vision du produit, l’autre son expérience de vendeur acquise sur les foires. Une complémentarité qui leur permet de faire connaître progressivement leur marque depuis leur quartier d’origine.
Le virage du numérique
Le pari fonctionne. D’abord grâce à leur talent de vendeurs, puis avec l’arrivée d’Internet. Un jour, un acheteur de Groupon découvre leurs produits et les invite à Paris. Les deux associés chargent alors un Scénic de matelas, couettes et oreillers avant de prendre la route. Le rendez-vous change leur destin. Pendant plusieurs années, leur entreprise devient l’un des vendeurs phares de la plateforme et connaît une croissance fulgurante. Mais ce succès manque de s’arrêter brutalement lorsque Groupon annonce vouloir fermer sa marketplace. À l’époque, près de 80 % du chiffre d’affaires dépend de ce seul partenaire. Finalement, l’explosion du commerce en ligne durant le Covid rebat les cartes et offre un sursis salvateur à l’entreprise. Une alerte qui pousse les dirigeants à « développer leur propre marque et à gagner en indépendance » explique l’actuelle direction. Ce moment agit comme un électrochoc. Désormais, l’objectif n’est plus seulement de vendre des produits, mais de construire une véritable identité de marque capable d’exister sans dépendre des plateformes de vente en ligne.
La transmission
Aujourd’hui, l’histoire continue avec une nouvelle génération. Tom Monge, ingénieur de formation, et sa compagne Emma, fille de l’un des fondateurs, reprennent l’entreprise familiale basée à Rouffiac-Tolosan. En un an et demi, ils ont accéléré sa transformation numérique et relancé sa croissance. Forte de ses trente salariés et de ses 15 millions d’euros de chiffre d’affaires, la PME toulousaine revendique « toujours les mêmes valeurs de proximité » explique Tom. Son service après-vente est toujours basé dans l’agglo toulousaine et l’entreprise continue de « miser sur l’innovation pour se démarquer dans un marché dominé par de grands groupes internationaux ». Des vestiaires du Top 14 aux chambres des Français, la success-story toulousaine prouve que le rêve de ces deux copains d’Empalot est désormais bien ancré dans le réel.














