Manon Courrieu, 30 ans, est devenue coach de MMA (arts martiaux mixtes) à Toulouse, en Haute-Garonne. Une reconversion alors que 10 ans plus tôt, elle a été victime des violences psychologiques de la part de son conjoint. Elle a aussi porté plainte pour un viol subi en 2021.
111 féminicides en 2025 en France, c’est 4 % de plus qu’en 2024. Un triste constat dressé ce mercredi 14 octobre 2026 par le ministère de l’Intérieur. L’Occitanie n’est pas épargnée. Un des derniers drames en date : en septembre dernier, le corps calciné d’une quadragénaire avait été retrouvé dans un garage à Launaguet, en Haute-Garonne. Depuis, une enquête pour « assassinat sur conjoint » a été ouverte par le parquet, confiée à la brigade de recherche de Toulouse-Saint-Michel. Ce mardi 20 octobre 2026, on vous raconte l’histoire d’une Toulousaine victime de violences conjugales et de violences sexuelles. Elle s’est confiée au micro d’ICI Occitanie.
Solaire et souriante, elle a tatoué « AMOUR » dans son cou, comme un mantra : en rouge, et en lettres capitales. « Juste quelqu’un qui peut poser les yeux sur ça, à un moment où il est triste dans sa vie, cela peut peut-être résonner. J’essaie d’envoyer de l’amour, » déclare Manon Courrieu, 30 ans, qui habite Toulouse. Il y a 10 ans, elle a subi des violences psychologiques de la part de son conjoint.« Il avait des comportements très malsains, un rapport vraiment d’emprise, confie-t-elle. Moi, je pensais que c’était normal, jusqu’à ce que je me rende compte que non. Il me disait : ‘Une femme comme moi, ça ne s’aime pas, ça n’a pas d’avenir’. Et moi, je laissais faire tous ses comportements. Tu es portée par l’amour, puis la peur qui s’installe. La peur de se dire que tu es incapable de vivre sans lui, c’est en tout cas ce qu’il te fait croire. Puis un jour, une de ses amies m’a dit qu’il me traitait mal et que je devais partir ».
« Il m’a violée sur une mezzanine devant tout le monde »
Manon décide donc de quitter cet homme. Mais quelque temps plus tard, un drame se produit avec quelqu’un d’autre. « C’était un gars que je connaissais, à une soirée. Il m’a violée sur une mezzanine devant tout le monde. Les mecs ont laissé faire, et j’étais inconsciente. J’étais très alcoolisée, et je voyais tout le monde nous voir, je lui ai dit d’arrêter, avant de m’évanouir. Je suis allée aux urgences, et on a trouvé des traces de benzodiazépines, ce sont des décontractants musculaires qui, mélangés à l’alcool, nous font perdre conscience ».
Depuis, la jeune femme a porté plainte. Elle voit une psychologue et tente de se reconstruire. « C’est dur de s’en sortir. Il faut avoir des gens autour de nous qui nous poussent. Nous, les femmes, on est capables quand même de s’émanciper, on est très fortes. De commencer les sports de combat, cela a changé ma vie ». En l’occurrence, c’est le MMA (arts martiaux mixtes) qui a changé sa vie, un sport de contact très physique. « Moi, ce que cela m’a apporté, c’est de retrouver un rapport d’égalité : il n’y a plus de dominant et de dominé. On a une maîtrise de la violence. C’est un levier pour reprendre le contrôle, en particulier pour les femmes. On prend sa place ».
Des cours de MMA pour toutes et tous
Aujourd’hui, Manon a pris sa place, puisqu’elle est devenue coach dans cette discipline. Elle donne des cours aux hommes, aux femmes, mais aussi aux enfants et adolescents, au club « Tactical Fight Team », quartier Patte d’Oie, à Toulouse. Manon Courrieu a aussi un compte Instagram, manon.livinglife, dans lequel elle raconte son histoire et dénonce les violences faites aux femmes.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555














