Suite aux dégradations et à la violence en marge de la manifestation du samedi 17 octobre sur Toulouse, la préfecture de la Haute-Garonne a décidé de mettre en place un couvre-feu. Cette mesure inédite sera instaurée dans un secteur précis de l’hypercentre, les nuits du 22 au 24 octobre, de minuit à 5 heures. Mais cette restriction, visant à réduire l’insécurité, impacte les bars et les discothèques situés sur le périmètre, suscitant l’inquiétude des professionnels pour leur activité.
Un couvre-feu inédit, déclenché par la préfecture de la Haute-Garonne, sera instauré les nuits du jeudi 22 octobre au samedi 24 octobre, entre minuit et 5 heures du matin. Une mesure ciblée sur une zone de l’hypercentre de Toulouse, délimitée par les rues de Rémusat, Saint-Rome, des Changes et d’Alsace-Lorraine, et les places du Capitole et Esquirol.
Ce périmètre, qui interdit toute circulation, rassemble plusieurs discothèques et bars et va contraindre leur clientèle à revoir le planning de leurs sorties. « Nous, on va tous les jeudis soir à l’Ice Club rue des Gestes, témoigne une jeune Toulousaine. C’est le jour de la semaine, avec le samedi, où l’ambiance est la plus festive. Et là, c’est bloqué. C’est dommage d’en arriver là mais c’est peut-être mieux pour éviter les problèmes. »
Président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie 31, Ivo Danaf « déplore » cette décision en tant que syndicat professionnel de la nuit, mais assure « la comprendre ». Lors de la réunion avec la préfecture, ce responsable a tenté de réduire la durée du couvre-feu. « On aurait aimé que cette initiative ne soit mise en place que pour la nuit de samedi, le jour de la manifestation », relate-t-il.
« On n’est pas pour »
Parmi ceux qui devront baisser le rideau plus tôt que prévu, nombreux regrettent également la restriction. « On n’est pas pour », lance la fondatrice d’un pub sur la zone concernée, qui préfère rester anonyme. L’établissement est ouvert jusqu’à 2 heures du matin tous les jours, et le samedi jusqu’à 3 heures. Fermer avant minuit, pour permettre aux clients de quitter le périmètre de couvre-feu, entraînera une perte de chiffre d’affaires non négligeable.
« Économiquement, ce n’est pas idéal, sachant qu’on ne fait pas partie d’une grosse chaîne. On a déjà subi le Covid, l’inflation… Et malheureusement, on n’est pas aidé pour autant. Est-ce que ça a un intérêt de faire, encore une fois, trinquer les petits commerces indépendants ? », s’interroge-t-elle.
Au-delà de l’impact sur son activité, elle questionne aussi l’efficacité de la mesure « qui empêche une partie de liberté ». « Aux horaires concernés, est-ce vraiment utile ? Est-ce un couvre-feu qui va régler les problèmes qui poussent certaines personnes à la délinquance ? »
Des indemnités ?
« C’est un coup de massue supplémentaire, mais on espère que des indemnités à hauteur des pertes et des sacrifices de ces professionnels seront versées », indique Ivo Danaf. Parmi les enseignes concernées, il y a également les cafés de la place du Capitole, « des lieux emblématiques de Toulouse dont l’activité est dense », estime-t-il. « Ça sera une très grosse perte pour eux. »
Il tient cependant à ajouter que cette mesure n’a rien à voir avec la pandémie du Covid, qui avait contraint à la fermeture des établissements : « Tout était impacté. Là, c’est seulement un périmètre et des endroits précis pour éviter une insécurité devenue insupportable. »















