Quatre jours après les violences du 17 octobre, les autorités redoutent de nouveaux débordements à Toulouse. Sur les réseaux sociaux, des appels à « envahir » le Capitole circulent, faisant du siège du pouvoir municipal un point particulièrement sensible à l’approche de la mobilisation de samedi.
« À Toulouse, les manifs devraient se finir au Capitole par un envahissement de la mairie de Moudenc. » Sur les réseaux sociaux, certains messages ne cachent pas leur volonté de s’en prendre au siège du pouvoir municipal. À l’approche du samedi 24 octobre, quatre jours après les violences qui ont secoué Toulouse, la place du Capitole cristallise les inquiétudes des autorités.
D’autres publications évoquent les difficultés à atteindre le bâtiment : « On a encerclé le Capitole pendant plusieurs heures, mais c’est imprenable », écrit un internaute. « On s’approche jamais des lieux de pouvoir et c’est dommage », regrette un autre. Des propos qui ne permettent pas, à eux seuls, d’établir l’existence d’un projet d’attaque organisé, mais qui témoignent de l’attention portée à ce lieu emblématique.
Un symbole à protéger
Le souvenir des violences du 17 octobre pèse lourd. À Limoges, les images du beffroi en flammes, puis de son effondrement, ont marqué les esprits. À Toulouse, le Capitole représente lui aussi bien davantage qu’un bâtiment : il incarne l’autorité municipale et constitue l’un des symboles les plus reconnaissables de la ville.
Selon des informations recueillies auprès des renseignements territoriaux, les services de l’État prennent au sérieux les menaces diffusées en ligne, dont certaines visaient directement le Capitole et le maire Jean-Luc Moudenc.
Samedi dernier déjà, les manifestations étaient interdites sur la place du Capitole, qui n’avait pas été prise pour cible lors des violences. Cette semaine, le préfet Fabrice Rigoulet-Roze a décidé d’instaurer un couvre-feu inédit dans l’hypercentre, de jeudi à samedi, entre 23 h 59 et 5 heures. La place du Capitole figure dans le périmètre concerné.
Officiellement, le dispositif vise d’abord à éviter de nouveaux pillages et de nouvelles dégradations dans les rues commerçantes. Mais la protection des bâtiments symboliques fait également partie des préoccupations des autorités. Après un premier samedi marqué par des violences exceptionnelles, le Capitole apparaît comme l’un des points sensibles du prochain rendez-vous.


















