La RN 20 qui relie l’Ariège à l’Andorre est coupée pour plusieurs mois, en raison de travaux à réaliser suite à un éboulement de rochers. Les villages de Mérens-les-Vals ou L’Hospitalet-près-l’Andorre sont desservis par le train et la solidarité s’organise.
Suite à un gros éboulement, survenu le 31 janvier dernier à Merens-les-Vals en Ariège, la RN20 restera fermée entre Ax-les-Thermes et L’Hospitalet-près-l’Andorre pour au moins trois mois. L’accès à l’Andorre depuis l’Ariège est coupé dans les deux sens de circulation le temps des travaux. Cette route permet notamment aux Toulousains, aux Ariégeois et aux autres habitants de l’ex-Midi-Pyrénées d’aller faire quelques courses, hors taxe, au Pas de la Case. Conséquences pour la haute vallée ariégeoise : il y a moins de passage. Cela fragilise l’économie locale et bouleverse le quotidien des habitants.
Moins de circulation routière dans la vallée d’Ax
À Tarascon-sur-Ariège, la baisse du trafic routier se ressent selon les habitants, depuis l’éboulement : « Il n’y a plus de bouchons le samedi. Normalement, il y en a dès 9 heures du matin, de la quatre voies jusqu’à Ussat, Ornolac. Là, c’est plus fluide, il y a moins de monde au Mc Donald’s de Tarascon. » Une commerçante de Tarascon témoigne : « Il y a beaucoup moins de monde dans les commerces installés le long de la nationale, les hôtels, les restaurants, les cafés, les boulangeries. Des commerces ont réduit leurs horaires d’ouverture, les employés font moins d’heures. »
Un café-restaurant d’Ax-les-Thermes nous dit avoir perdu 10% de chiffre d’affaires depuis la coupure de la RN 20 : « on avait les gens qui vont au Pas de la Case ou à la station de ski de Font-Romeu qui s’arrêtaient boire le café le matin et faisaient une pause à midi au retour. On a perdu cette clientèle. »
Depuis la fermeture de la RN 20, l’impact reste très mesuré côté fréquentation des stations de ski. Ax-3-Domaines, le plateau de Beille ou encore Ascou – Pailhères, disent continuer d’attirer, elles, du monde, les week-ends et pour les vacances.
Train à un euro
La région Occitanie a renforcé l’offre de trains entre Foix et L’Hospitalet-près-l’Andorre. Depuis le 10 février, la SNCF propose des trains à un euro entre Ax-les-Thermes et Latour-de-Carol : quatre allers-retours supplémentaires par jour, en plus des cinq allers-retours quotidiens habituels. Cet habitant de Mérins-les-Vals s’en satisfait : « Mon employeur a dû adapter mes horaires de travail pour que je puisse venir travailler à Ax. On est devenus dépendants du train, et en ce moment ils sont remplis, il y a vraiment du monde. »
Des touristes prennent le train jusqu’à l’Hospitalet puis empruntent une navette – rendue gratuite par la Principauté d’Andorre – pour aller acheter des cigarettes au Pas de la Case. Cela agace cette habitante de l’Hospitalet : « Le train à un euro aurait dû être mis en place sur présentation d’un justificatif de domicile, car les TER sont bondés, mais les plus concernés, ce sont les habitants de Mérens ou de l’Hospitalet qui doivent prendre le train pour aller travailler, faire des courses, c’est vital pour nous. »
Patience et entraide
Virginie tient un commerce à Ax-les-Thermes et vit à L’Hospitalet-près-l’Andorre. Elle raconte comment la solidarité s’est organisée depuis l’éboulement sur la RN 20 : « on prend notre mal en patience et on essaie de s’entraider. Par exemple, pour les courses, on va à Urs au supermarché, mais on doit payer le tunnel du Puymorens, ça fait presque 15 euros aller-retour. On aimerait que Vinci fasse un geste financier. La première pharmacie, elle est à Ax-les-Thermes, il faut y aller en train ou bien à Bourg-Madame, à 30 minutes de route, dans les Pyrénées-Orientales, et là aussi, il faut passer le tunnel. On fait des courses pour les uns et les autres, des achats groupés. »
Le courrier et les repas de la cantine « montent en train »
La poste amène le courrier à Mérens et L’Hospitalet-près-l’Andorre en train. « Pour les colis trop lourds, j’en récupère à Ax pour des personnes de mon village, que je monte en train », raconte Virginie. Concernant la cantine, les trains transportent les repas de la cantine scolaire, explique Virginie, repas récupérés à l’Hospitalet par la municipalité. « On vit à l’ancienne. Les personnes âgées nous racontent qu’elles ont connu l’époque du courrier livré par le train. C’est un retour en arrière. »
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