Elle avait refermé sa porte avec un doute. Mince d’abord, puis de plus en plus net. Ce mardi, vers 15 heures, avenue Saint-Exupéry, une dame de 100 ans reçoit la visite d’un homme qui sonne à son appartement. Sur le palier, il a une sacoche, l’allure d’un professionnel et un discours déjà prêt. Il se présente comme un ramoneur envoyé par le syndic de l’immeuble.
L’homme explique qu’il doit intervenir sur la VMC. C’est obligatoire, assure-t-il, il faut le faire. Le prétendu technicien entre dans l’appartement. Il se dirige vers la salle de bains, regarde l’installation ou fait mine de le faire. Puis vient très vite la question du paiement. Carte bancaire ou espèces. La centenaire répond qu’elle n’a pas de quoi régler immédiatement. L’homme repart, mais annonce qu’il reviendra pour se faire payer.
Une fois seule, la vieille dame ne laisse pas le malaise s’éteindre. Elle appelle le 17. « Je crois que quelqu’un essaie de m’escroquer », explique-t-elle en substance aux policiers. Elle prévient aussi sa famille. Quand les fonctionnaires arrivent, elle leur raconte la scène avec précision. Elle leur indique surtout que l’homme est encore dans le secteur et qu’il doit revenir. Il a même laissé un flyer. Elle l’appelle.
Plusieurs victimes
Les policiers n’ont plus qu’à attendre. Lorsque le faux ramoneur se représente pour encaisser l’argent, il est interpellé et placé en garde à vue.
Dans le voisinage, une autre habitante se manifeste. Elle aussi aurait reçu la visite du même homme. Elle aussi a entendu parler d’une intervention obligatoire sur la VMC. Elle, en revanche, a payé : 399 euros, en carte bancaire et en espèces. Devant les enquêteurs, elle admet que la visite lui avait paru étrange. Mais l’argent avait déjà été versé.
Au total, cinq victimes ont déposé plainte. Presque toutes sont des personnes âgées, à l’exception de l’une d’elles, âgée de 46 ans. Le mode opératoire décrit est constant : un homme se présente au domicile, prétend être envoyé par une société ou par le syndic, évoque un contrôle obligatoire, puis met la pression pour obtenir un paiement immédiat.
En garde à vue, le suspect affirme travailler pour une société. Mais les vérifications n’ont pas permis, à ce stade, d’en retrouver la trace. Âgé de 22 ans, domicilié dans le Gard, il est déjà connu de la justice et a déjà été condamné pour des faits similaires.
Cet homme a été présenté ce jeudi devant le parquet de Toulouse. Il sera de nouveau jugé pour avoir transformé la vulnérabilité des personnes âgées en terrain de chasse.













