Un accident mortel s’est produit sous l’emprise de stupéfiants à Montjoire, au nord de Toulouse, le 1er juillet 2025. La tragédie familiale de Pascal bouleverse le tribunal correctionnel de Toulouse. Cet homme, frère de la victime, est condamné à dix ans de prison. Il fait appel d’un jugement dont il affirme « porter à vie » les conséquences.
« C’était la personne la plus importante pour moi au monde… J’accepterai tout car je suis déjà condamné à vie », grommelle Pascal à l’ouverture de son jugement devant le tribunal correctionnel de Toulouse. Ce prévenu est âgé de 52 ans, mais son visage parcheminé lui en donne vingt de plus. Peut-être les cicatrices d’une vie qui oscille entre juridictions pénales et prisons.
« Vous avez été condamné dix-neuf fois entre les années 1990 et 2023 pour des vols et des délits routiers », précise, non sans stupeur, la présidente du tribunal correctionnel de Toulouse, Nicole Bergougnan. De tous ses délits et crimes, celui pour lequel Pascal comparaît ce jour constitue sans nul doute un point de non-retour.
Trop de vitesse, pas de freinage
Cette journée du 1er juillet 2025 demeurera, effectivement, la plus atroce de son existence. La présidente en relate les contours : « Alors que vous étiez sur le chemin d’un lac, non loin de Montjoire, au volant de votre Nissan, vous devez emprunter une courbe à gauche, mais vous filez tout droit vous encastrer dans un mur. Votre sœur, Fabienne, meurt sur le coup et une autre passagère, Emira, en réchappera in extremis, même si elle conserve toutefois d’importantes séquelles. Quelques heures après, à l’hôpital, vous serez contrôlé positif à la cocaïne et au cannabis. »
Dans le box, Pascal gesticule, tape sur les parois, grince des lèvres, puis enfin rétorque : « J’aurais préféré mourir à sa place », mugit le quinquagénaire. En partie civile, Mes Mary-Camille Favarel Eychenne et Emmanuelle Casellas racontent les souffrances d’Emira, « dans un état de fracas physique et psychique » d’une part, et des proches de Fabienne d’autre part, et notamment de Kais, son compagnon, « seul pour élever ses trois enfants ».
La procureure, quant à elle, introduit son réquisitoire par des précisions d’ordre sémantique : « Vous n’avez pas participé à la mort de votre sœur, vous l’avez causée », s’exclame la magistrate avec aplomb. Pour donner de la matière à son propos, la parquetière s’appuie sur le rapport d’expertise. L’expert souligne que Pascal « n’a pas freiné avant le choc » et que sa vitesse était telle « qu’il a survolé le fossé séparant la route du mur ».
« L’œil de sa sœur… »
La magistrate requiert dix ans de prison ferme avec maintien en détention.
En défense, Me Alexandre Martin commence sa plaidoirie en déclarant vouloir « s’incliner devant la douleur des victimes ». Et l’avocat expose l’ampleur de sa tâche : « Comment, dans ce concert de souffrances, puis-je exprimer la souffrance de mon client ? » Pour l’avocat de la défense, « la cause de l’accident, c’est le trajet de vie de Pascal ».
Enfin, Me Alexandre Martin s’adresse aux juges : « Ça aura changé quoi une fois que l’on aura condamné Pascal à dix ans ? » Question rhétorique à laquelle Me Martin brosse une esquisse de réponse : « Pas grand-chose, car l’œil de Fabienne, il l’aura sur lui toute sa vie ».
En dépit des efforts de son avocat, le tribunal condamne Pascal à dix ans de prison ferme. La défense a d’ores et déjà décidé d’interjeter appel.













