Devant l’école de Montaigut-sur-Save, près de Toulouse, la colère remplace l’espoir. Alors que la petite Rose, dix ans, s’apprête à intégrer un institut spécialisé, un coup de fil de l’administration annule tout sans écrit. La rentrée bascule et les parents de Rose remuent désormais ciel et terre pour trouver un institut adapté au handicap de leur fille âgée de dix ans, atteinte de multiples troubles « dys ». Ils ont écrit au ministère de la Santé. Ils nous racontent cet imbroglio.
Trouver une école adaptée pour Rose, âgée de 10 ans, c’est le défi que se sont lancé ses parents qui demeurent dans la commune de Montaigut-sur-Save, au nord-ouest de Toulouse. La fillette, atteinte de troubles « dys », notamment du trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), est actuellement scolarisée dans une école hors contrat de l’Education nationale qui coûte près de 5 000 euros par an à sa famille, faute d’avoir pu intégrer un établissement spécialisé du public.
« Tout s’est effondré… »
À la rentrée de septembre, les parents de Rose semblaient soulagés d’avoir enfin obtenu une place à l’Institut d’éducation spécialisée (IES) de Ramonville-Saint-Agne, près de Toulouse. Mais depuis peu, c’est la douche froide.
« Après des années de démarches épuisantes auprès de spécialistes, nous avions enfin obtenu une perspective concrète, raconte la mère de Rose, Gwendoline Tisseyre. Son admission à l’IES de Ramonville, projet validé par le Centre médico psycho pédagogique (CMPP) Val Garonne, l’antenne de Grenade-sur-Garonne. L’assistante sociale du CMPP nous avait même invités à visiter l’établissement pour que Rose puisse y prendre ses repères. Quelques semaines plus tard, tout s’est effondré : le CMPP nous a annoncé par téléphone que cette admission n’aurait pas lieu, sans jamais nous fournir le moindre écrit officiel, ni annulation, ni justification. À la place, on tente de nous imposer une orientation en classe Ulis (unité localisée pour l’inclusion scolaire), totalement inadaptée à l’état de fragilité de notre fille ».
La famille a également écrit à la ministre de la Santé Stéphanie Rist, son chef de cabinet assurant que le dossier de Rose a été transmis à l’Agence régionale de santé (ARS). De son côté, le CMPP reconnaît un « couac ».
« On ne laissera pas tomber cette petite fille »
« L’assistante sociale qui s’occupait d’inscrire Rose à l’IES de Ramonville ne s’est pas rendu compte à temps que des documents étaient manquants sur la plateforme d’enregistrement, sur laquelle nous n’avons pas une entière visibilité, explique la directrice du CMPP Val Garonne Suzanne Leloye. J’ai pris rendez-vous avec le responsable de l’IES et il a été décidé que Rose obtiendra un entretien de pré-admission début septembre à Ramonville et sa candidature sera examinée. Ça laisse un peu d’espoir, car il y a toujours des désistements l’été. On va trouver une solution pour cette petite fille. On ne laissera pas tomber cette famille ». Mme Tisseyre estime que sa famille se bat depuis des années contre « une opacité administrative qui broie les plus fragiles ».










