Département le plus sûr d’Occitanie et l’un des plus sûrs de France, la Lozère n’échappe pourtant pas aux préoccupations quotidiennes de ses habitants. Arnaques sur Internet, cambriolages, nuisances ou sentiment d’insécurité : les sujets ne manquent pas. Pour renforcer le dialogue avec la population, le directeur départemental de la police nationale a décidé d’ouvrir régulièrement son bureau aux Mendois et aux Mendoises.
Si la Lozère affiche l’un des plus faibles taux de délinquance du pays, les questions de sécurité restent bien présentes dans le quotidien des habitants. C’est dans cet esprit de proximité que le commissaire divisionnaire a choisi d’instaurer des rendez-vous hebdomadaires avec les Mendois et les Mendoises. À partir du jeudi 18 juin 2026, Jean-Marc Vidal recevra donc les habitants chaque semaine, de 14 h 30 à 16 h 30, dans son bureau. Une initiative présentée comme une démarche de proximité destinée à mieux comprendre les préoccupations quotidiennes des habitants.
Des rendez-vous chaque jeudi
Concrètement, toute personne souhaitant échanger avec le directeur départemental pourra solliciter un rendez-vous en envoyant un courriel à l’adresse ddpn48@interieur.gouv.fr, en indiquant son horaire de préférence. Le rendez-vous sera ensuite confirmé par retour de mail. « Afin d’appréhender finement vos préoccupations ou interrogations du quotidien, le directeur départemental vous ouvre les portes de son bureau dans une optique d’un échange de proximité constructif », indique la police nationale de la Lozère.
Les premiers rendez-vous auront lieu dès le jeudi 18 juin. L’objectif est de permettre aux habitants d‘aborder directement les sujets qui les préoccupent : problèmes de voisinage, nuisances, sécurité routière, présence policière, délinquance ou encore escroqueries.
Un nouveau directeur installé depuis quelques mois
Jean-Marc Vidal dirige la police nationale en Lozère depuis décembre 2025. Officiellement été installé dans ses fonctions lors d’une cérémonie organisée sur la place du Foirail à Mende, il a succédé à Gaël Lepense-Penverne . L’occasion pour lui de prendre la tête du seul commissariat du département, à Mende, où il supervise environ 80 policiers.
Son parcours au sein de la police nationale est marqué par une progression régulière. Entré dans la police en 1992 comme policier auxiliaire dans le cadre de son service national, il intègre ensuite l’école des officiers avant de gravir progressivement les échelons jusqu’au grade de commissaire divisionnaire. Lors de son installation, il avait affiché plusieurs priorités : lutter contre le trafic de stupéfiants, répondre au sentiment d’insécurité et renforcer la proximité avec la population. Cette nouvelle permanence hebdomadaire s’inscrit directement dans cette volonté.
Un département parmi les plus sûrs de France
Si cette initiative voit le jour, ce n’est pas parce que la Lozère serait confrontée à une explosion de la délinquance. Bien au contraire. Avec 2 629 faits recensés en 2025, soit environ sept faits par jour, la Lozère reste le département le plus sûr d’Occitanie, devant l’Ariège et le Lot. Mais derrière ce bilan globalement rassurant, certains phénomènes préoccupent les autorités.
Les cambriolages ont notamment fortement progressé l’an dernier. En zone gendarmerie, leur nombre a augmenté de 45 %, avec 173 faits recensés. Les résidences principales comme les locaux professionnels sont visés, parfois par des équipes itinérantes capables de commettre plusieurs vols dans la même nuit.
Les arnaques explosent
La hausse la plus spectaculaire concerne toutefois les escroqueries. À Mende, elles ont bondi de 70 % en un an. Ces arnaques prennent des formes multiples : faux SMS de livraison, usurpation d’identité, faux conseillers bancaires ou encore escroqueries sur les réseaux sociaux. Des infractions qui touchent toutes les générations et qui sont souvent difficiles à détecter avant qu’il ne soit trop tard.
Les violences aux personnes sont également en hausse dans la zone police, notamment à Mende. Les agressions sexuelles y ont doublé en un an, même si les volumes restent relativement faibles à l’échelle nationale. Autre sujet de vigilance : la sécurité routière. En 2025, 81 accidents corporels ont été recensés dans le département, faisant huit morts et 88 blessés. Les deux-roues représentent près de la moitié des victimes.
Une police plus proche des habitants
Dans ce contexte, Jean-Marc Vidal souhaite faire de la proximité un axe fort de son action. L’idée est simple : permettre aux habitants d’échanger directement avec celui qui dirige la police nationale dans le département, sans intermédiaire et sans rendez-vous compliqué à obtenir. Une manière aussi de faire remonter des problèmes parfois invisibles dans les statistiques, mais qui pèsent sur le quotidien : sentiment d’insécurité, incivilités, inquiétudes liées à un quartier ou difficultés rencontrées face aux nouvelles formes de délinquance.
Dans un département où les chiffres de la délinquance restent faibles mais où les attentes en matière de sécurité demeurent fortes, cette ouverture du bureau du directeur départemental marque une volonté affichée : être davantage à l’écoute des habitants et renforcer le lien entre la police et la population.















