Le mois de mai s’ouvre sur un paquet de mesures qui vont peser sur le quotidien des Français. Entre hausses inévitables et coups de pouce attendus, la loi de finances 2026, promulguée en février, produit une grande partie de ses effets. Tour d’horizon de tout ce qui change à partir de ce 1er mai.
La facture de gaz s’envole de 15,4 %
C’est sans doute la mauvaise nouvelle la plus concrète de ce début mai. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a confirmé une hausse de +15,4 % du prix repère du gaz au 1er mai 2026. En cause : les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui ont fait doubler ponctuellement les cours sur les marchés de gros. Les fournisseurs, qui achètent leur gaz plusieurs semaines à l’avance, répercutent aujourd’hui ces achats réalisés en pleine période de crise.
Concrètement, environ 7,5 millions de foyers ayant souscrit une offre indexée sur ce prix de référence verront leur facture alourdie d’environ 6,19 euros TTC en moyenne sur le mois de mai. Les 27 % d’abonnés ayant opté pour un contrat à prix fixe, eux, ne subiront aucune variation. La CRE rappelle par ailleurs que cette hausse intervient au printemps, période où le chauffage est moins sollicité, ce qui en limite un peu l’impact.
Une aide carburant pour les travailleurs modestes
Face à la flambée des prix à la pompe, le gouvernement a annoncé fin avril un dispositif d’aide carburant pour les “grands rouleurs” modestes. Un forfait de 50 euros sera versé en juin, de façon rétroactive sur les mois d’avril, mai et juin, à environ 2,9 millions de travailleurs remplissant deux conditions cumulatives : appartenir à la moitié des foyers les moins aisés, et effectuer au minimum 15 kilomètres entre domicile et lieu de travail, ou parcourir plus de 8 000 km par an à titre professionnel.
La demande se fera en ligne sur impots.gouv.fr, via un portail dédié attendu d’ici fin mai. Il ne s’agit pas d’une remise à la pompe, mais d’un virement direct sur le compte bancaire rattaché au dossier fiscal. Plusieurs professions bénéficient aussi de soutiens renforcés : les agriculteurs verront l’aide sur le gazole non routier portée à 15 centimes par litre, les pêcheurs à 30 à 35 centimes, et les entreprises du BTP de moins de 20 salariés entrent dans le dispositif dès ce mois de mai.
Le repas à 1 euro s’ouvre à tous les étudiants
C’est une mesure très attendue dans les campus. À partir du 4 mai 2026, le repas à 1 euro dans les restaurants universitaires ne sera plus réservé aux seuls boursiers. Tous les étudiants, sans condition de ressources, pourront en bénéficier dans l’ensemble des établissements du réseau Crous. Sont concernés les titulaires d’une carte étudiante, les apprentis et alternants (carte d’étudiant des métiers), les doctorants ainsi que les volontaires en service civique. La seule condition : disposer d’un compte Izly actif.
Pour un repas complet (plat principal plus deux périphériques au choix parmi une entrée, un fromage, un dessert ou un fruit), ce tarif représente une économie de 2,30 euros par passage pour les non-boursiers qui payaient jusqu’ici 3,30 euros. L’État a prévu 50 millions d’euros pour financer cette généralisation, avec des recrutements supplémentaires dans les Crous pour absorber l’afflux attendu.
Les timbres fiscaux pour les titres de séjour en forte hausse
Moins médiatisée, cette mesure touche des centaines de milliers de personnes. La loi de finances 2026 revoit significativement à la hausse les taxes liées aux démarches de séjour pour les étrangers résidant en France. Pour une première délivrance d’une carte de séjour temporaire, pluriannuelle ou d’une carte de résident, le timbre fiscal passe de 225 à 350 euros. Le renouvellement passe de 225 à 250 euros. Une nouvelle taxe de 100 euros est par ailleurs créée pour les autorisations provisoires de séjour (APS).
La hausse la plus spectaculaire concerne les demandes de naturalisation : le timbre fiscal bondit de 55 à 255 euros, soit une multiplication par près de cinq. L’échange d’un permis de conduire étranger sera lui facturé 40 euros. Le gouvernement justifie ces augmentations par un rééquilibrage tarifaire dans le contexte de redressement des comptes publics.
La déclaration d’impôts, pensez aux dates limites
La campagne de déclaration des revenus 2025 est ouverte depuis le 9 avril sur impots.gouv.fr. Le barème de l’impôt sur le revenu a été revalorisé de +0,9 % pour tenir compte de l’inflation, afin d’éviter une hausse mécanique de la pression fiscale sur les ménages. Parmi les nouveautés de cette année : le taux individualisé de prélèvement à la source est désormais appliqué par défaut pour les couples mariés ou pacsés. Les dates limites approchent : le 21 mai pour les départements numérotés de 1 à 19, et le 28 mai pour les départements 20 à 54.
Le code des douanes simplifié
Discret mais concret pour les professionnels, le code des douanes fait peau neuve au 1er mai 2026. Les règles ne changent pas sur le fond, mais leur présentation est entièrement restructurée pour les rendre plus lisibles et accessibles. Un allègement bienvenu pour les entreprises impliquées dans des activités d’import-export, qui devront désormais s’y référer dans une version modernisée.