Ingérences étrangères, fausses publicités, menaces… Dans “Élection sous influence”, François Piquemal raconte les coulisses d’élections municipales « hors du commun » à Toulouse. L’ancien candidat y raconte les événements qui l’ont marqué et les nombreuses questions qui, selon lui, restent encore sans réponse.
« Je sais à quel point il est important de laisser des traces historiques », affirme François Piquemal. L’ex-professeur d’histoire et tête de liste de l’union de la gauche au second tour des dernières Municipales a publié, ce jeudi 10 septembre, son livre “Élection sous influence” aux éditions Arcane 17. Dans celui-ci, il revient notamment sur les « ingérences numériques étrangères » survenues durant la campagne, mais aussi sur certains événements marquants. « J’ai commencé à retranscrire les faits, tout simplement parce que de nombreux journalistes m’ont contacté pour savoir ce qu’il s’était passé et à quels moments », rapporte le député LFI de Haute-Garonne, qui « avait l’impression d’être dans la série “Le Bureau des légendes” ». « C’était hors du commun en France, ce qui s’est passé à Toulouse », souligne-t-il.
De nombreuses plaintes déposées
À la suite de ces élections municipales mouvementées, le conseiller municipal d’opposition se « retrouve avec beaucoup de procédures judiciaires ». L’argent récolté grâce aux ventes de son livre servira d’ailleurs « à payer leurs frais judiciaires ». Dans le détail, le député a déposé un recours « pour l’annulation de l’élection et qu’il y en ait de nouvelles ». Une audience est prévue le 30 septembre prochain. « L’élection municipale n’est pas vraiment finie de ce point de vue-là », estime le conseiller municipal d’opposition.
Outre ce recours, plusieurs plaintes ont été déposées pour diffamation et « ingérences étrangères ». François Piquemal évoque ainsi des divulgations de mots de passe et d’adresses de domicile, des faux comptes, ainsi que les « insultes et menaces de mort reçues par les uns et les autres » lors de la cérémonie d’hommage aux victimes des attentats de 2012, le 19 mars dernier, et les fausses publicités diffusées « la veille du second tour sur un certain nombre de sites internet ».
« On peut imaginer qu’elles ont été vues par énormément de personnes », considère l’ancien candidat. Et ce, après « une semaine déjà de bashing contre l’Union de la gauche et de désinformation ». Ces publicités se déclinaient en trois versions : « Une avec une photo de moi me faisant dire : “Pas de babtous en tête de liste”. Une autre islamophobe avec une femme portant le voile qui dit : “Si vous voulez tous porter le voile, votez Piquemal”. Et enfin, un homme qui frappe un autre à terre, une image tirée du film “American History X”, qui décrit notre liste comme étant violente. » Toutes portaient la mention « Demain Toulouse », nom de la liste de l’ex-candidat. « Elles ont pu induire en erreur des gens, notamment ceux qui ne savent pas que nous n’avons pas le droit de diffuser des choses en période de réserve électorale. Ce qui était le cas ici. »
François Piquemal attend des réponses
François Piquemal veut désormais savoir « qui a fait ces publicités, qui les a commanditées et qui les a diffusées ». « Il y a une enquête en cours », fait-il savoir. Mais ce n’est pas la seule chose qui reste à « élucider », selon lui. « Qui sont les responsables du traquenard du 19 mars ? Qui est véritablement derrière l’entité BlackCore ? », s’interroge le député.
Pour rappel, cette entreprise basée en Israël est soupçonnée par les autorités françaises d’avoir mené une campagne d’ingérence numérique étrangère contre des candidats LFI lors des Municipales. « Mon livre vient lancer l’alerte sur la question de ces ingérences étrangères, mais aussi la question de la protection de notre démocratie », déclare François Piquemal, qui évoque ainsi les élections présidentielles à venir. « Il y a un enjeu de souveraineté démocratique », conclut-il.
















