Il disposait de dix jours pour prendre une décision. Condamné le 19 mai dernier pour diffamation envers un inspecteur en raison d’un tweet, William Lafleur, connu sur les réseaux comme Monsieur Le Prof, a choisi de faire appel. L’auteur du livre « L’ex plus beau métier du monde » (septembre 2023), dans lequel il décrivait les dysfonctionnements et la « maltraitance institutionnelle » de l’Éducation nationale avoue avoir longtemps pesé le pour et le contre.
« J’ai mis à profit tout le temps qui m’était donné. Il y a eu un vrai dialogue intérieur. Une partie de moi se disait qu’il fallait tourner la page, que tout cela n’était qu’une perte de temps et d’énergie. Mais une autre estimait que, symboliquement, il était important de se battre », confie-t-il. Et c’est cet aspect-là qui a finalement fait pencher la balance, William Lafleur ne souhaitant pas « laisser l’institution et le « pas de vague » l’emporter ».
Les échanges qu’il a pu avoir et les soutiens qu’il a reçus l’ont également aidé à prendre cette décision. Il considère ainsi cet appel comme son dernier recours et ne voulait pas regretter, dans quelques années, de ne pas avoir pu se défendre. « Et puis, c’est une manière, en quelque sorte, de reprendre la main. Le premier procès a été subi. Là, c’est un choix de ma part », assure l’ancien professeur d’anglais de 37 ans installé à Toulouse (Haute-Garonne), qui remercie son avocate de le suivre à nouveau dans son combat, sans avoir cherché à influencer sa décision.
Il estime avoir des arguments pour être relaxé
Restait la question financière, qui était un des principaux freins expliquant sa réserve à faire appel. Là encore, le soutien reçu lui fait chaud au cœur, puisque, en à peine 48 heures, la cagnotte de 5 000 euros qu’il avait lancée pour financer ses futurs frais d’avocat a atteint son objectif. « Au-delà de la somme, il y a les centaines de messages reçus. De nombreux anciens collègues me disent qu’ils ne comprennent pas la décision, que j’ai raison de faire appel et, quelque part, de faire entendre aussi leur voix », raconte William Lafleur.
Désormais lancé dans un nouveau combat judiciaire, il regrette de ne pas avoir pu avoir accès aux motivations de la condamnation en première instance mais estime avoir des arguments pour être relaxé en appel sur le tweet en question. Au vu des nombreuses réactions, ce futur procès devrait une nouvelle fois dépasser le cas personnel de Monsieur Le Prof en posant un miroir devant l’institution qu’est l’Éducation nationale.











