Voilà une promesse qui ne va pas déplaire aux aficionados de ce festival. Devenir, en fonction du montant de leur don, citoyen du royaume, ménestrel, valet, druide, sorceleur ou même garde. C’est ce que proposent Les Chevaliers du Roi Mundis, l’association qui organise le festival Échos et Merveilles de Bruguières, au nord de Toulouse, en lançant voici une quinzaine de jours une campagne de financement participatif sur HelloAsso.
Une initiative rendue nécessaire par la météo désastreuse qui a gâché la dernière édition du festival, du 14 au 17 mai, et menace purement et simplement sa survie. « Nous organisons le festival au printemps pour bénéficier d’une météo intéressante. Les trois dernières éditions, on avait même eu très chaud. Mais, cette année, la pluie et le froid ont eu un gros impact. Nous avions loué un champ à un agriculteur mais, à cause de la pluie, il a rapidement été impraticable. Le froid a par ailleurs fait chuter la vente de boissons fraîches, très importante pour l’économie du festival », détaille Nicolas Chaccour, son créateur.
Résultat, 7 000 visiteurs de moins que l’année précédente, alors que l’événement indépendant rassemblait à chaque édition 8 000 à 10 000 personnes de plus. Face à cet imprévu, l’association organisatrice a donc fait le choix de lancer une campagne de financement participatif pour tenter de récolter 300 000 euros. « L’idée est aussi de sensibiliser les gens sur la fragilité d’un modèle comme le nôtre, qui bénéficie de très peu de subventions », ajoute Nicolas Chaccour.
Ce festival des cultures de l’imaginaire, qui regroupe concerts, marché de créateurs, salon du livre et divers ateliers n’a ainsi reçu que 5 000 euros de la part de Toulouse Métropole pour la partie salon du livre. « C’est peu sur un événement avec un budget de 1,2 million d’euros », fait remarquer son créateur, qui regrette que le côté indépendant et un peu artisanal de Échos et Merveilles ne lui permette pas vraiment de rentrer dans les cases.
« Nous comptons aussi sur les banques et les mécènes privés »
C’est donc aussi « un cri d’alerte » que lance Nicolas Chaccour, alors que l’événement, qui fait venir des visiteurs de 90 départements de France, génère selon lui des retombées économiques sur le territoire, à la fois pour l’hôtellerie mais aussi pour les intermittents, avec 70 personnes salariées sur le festival. « Sans compter les retombées culturelles pour les artistes et artisans locaux… »
Mais, dans la conjoncture actuelle, est-ce vraiment possible de récolter 300 000 euros ? L’association veut y croire, alors que près de 50 000 euros ont été collectés auprès de 580 contributeurs. « Il faudrait environ 3 500 personnes », calcule Nicolas Chaccour, qui reste optimiste mais qui voit cette campagne comme l’un des éléments d’une stratégie plus globale. « Nous comptons aussi sur les banques, sur les subventions d’exception que nous allons chercher. Et puis, il nous faut développer le mécénat, attirer des soutiens privés. Le fait d’avoir été reconnus d’utilité publique va nous aider », poursuit-il. Il souhaite par ailleurs organiser, à la rentrée, un concert solidaire au Bascala, la salle de spectacle de Bruguières qui accueille en partie le festival, pour récolter des fonds.
Ces 300 000 euros doivent permettre à Échos et Merveilles de compenser une partie des pertes de cette édition et de repartir du bon pied, avec un modèle plus solide. « Au-delà des soutiens financiers que nous souhaitons trouver, il faut peut-être revoir l’organisation, avec davantage de soirées en intérieur pour moins dépendre de la météo, par exemple », reconnaît Nicolas Chaccour, toujours très attaché à cette « bulle dans l’imaginaire ».








