Promise par Jean-Luc Moudenc pendant la campagne municipale, la brigade de police municipale dédiée aux points de deal est déjà expérimentée à Toulouse. À Saint-Aubin et Arnaud-Bernard, elle a mené 199 interventions et procédé à 23 interpellations en quelques semaines. Son déploiement définitif est prévu début 2027.
Elle devait être l’un des nouveaux outils de la municipalité contre le trafic de stupéfiants. Quelques mois après sa réélection, Jean-Luc Moudenc commence à mettre en œuvre sa brigade anti-points de deal. Depuis la mi-juillet, une première version du dispositif est expérimentée dans les quartiers Saint-Aubin et Arnaud-Bernard, avant une création définitive annoncée pour début 2027.
Les premiers chiffres ont été dévoilés ce jeudi par l’adjoint au maire en charge de la sécurité, Emilion Esnault : en quelques semaines, les policiers municipaux mobilisés ont réalisé 199 interventions et 23 interpellations. Ils ont également relevé 95 infractions, essentiellement liées à des arrêtés d’occupation du domaine public.
Pour l’heure, la Ville parle encore de « préfiguration ». « On avait des choses à tester », explique Émilion Esnault. Horaires, méthodes d’intervention, organisation des équipes… la municipalité veut roder le dispositif pendant plusieurs mois avant de le pérenniser. Cet été, douze policiers municipaux ont notamment été mobilisés pour ces opérations.
« Harceler le point de deal »
La méthode repose notamment sur un travail étroit avec la vidéoprotection. Un opérateur peut accompagner à distance la patrouille, repérer une transaction et guider les policiers vers acheteurs et vendeurs. L’objectif est de multiplier les interventions sur un même secteur pour perturber durablement l’activité. « Faire pleuvoir un déluge d’interpellations » afin de « saturer le point », résume Émilion Esnault, qui assume une stratégie de « harcèlement » des lieux de revente.
La brigade doit également recueillir du renseignement auprès des riverains et commerçants et le transmettre à la police nationale. La mairie cite plusieurs opérations récentes dont les investigations auraient débuté grâce à des constatations de policiers municipaux.
À Saint-Aubin, les premières opérations ont provoqué des déplacements successifs du trafic, notamment vers le boulevard de la Gare. « Ça veut dire qu’on arrive un petit peu à les faire courir », estime l’adjoint, qui reste prudent : les points de deal peuvent rapidement se reformer. La Ville assure avoir pour l’instant réussi à les « diluer » dans les deux secteurs expérimentaux.



















