Trois personnes d’une même famille étaient présentées ce 23 septembre devant le tribunal correctionnel de Toulouse. Ils sont soupçonnés d’avoir participé à des dizaines de vols de câbles sur des bornes de recharge électriques, en Haute-Garonne, dans le Tarn et l’Aude, de juillet à septembre 2026.
Tout autour de Toulouse, mais aussi à Eaunes, Labarthe-sur-Lèze, Castelnaudary, ou encore Rouffiac… Le mode opératoire se répète depuis le mois de juillet 2026 : des dizaines de vols de câbles, remplis de cuivre, sont signalés sur des bornes de recharge pour véhicules électriques. Trois personnes ont été prises en flagrant délit en septembre et arrêtés. Un père et son fils, tous deux en état de récidive légale, ainsi que la compagne du fils, âgée de 18 ans.
Un préjudice de plusieurs centaines de milliers d’euros
À la barre ce mercredi 23 septembre, la défense a demandé un report d’audience pour préparer sa stratégie de défense, dans une ambiance confuse. Une dizaine de femmes de la famille des prévenus ont perturbé le début d’audience, avec des cris, des larmes et plusieurs malaises.
Avec ce report, les entreprises, victimes d’un préjudice chiffré à plusieurs centaines de milliers d’euros, entre juillet et septembre, devront attendre l’examen de l’affaire sur le fond, fin octobre.
Détention provisoire pour le père et le fils
En attendant cette nouvelle audience, la procureure de la République a requis le placement en détention provisoire des trois prévenus, invoquant un risque de récidive et de fuite. « C’est de la délinquance habituelle, nous n’avons pas d’adresse, puisqu’ils vivent tous les trois dans un camp en cours de démantèlement. Il y a un risque de non-représentation à l’audience de report si nous les laissons libres », a-t-elle plaidé, rappelant que le père et le fils ont des dizaines de condamnations pour vols à leur casier judiciaire, et ont tous deux déjà fait de la prison ferme.
Le président du tribunal, égrène les condamnations accumulées depuis leur arrivée en France en 2002 et 2014 — des vols, des refus d’obtempérer, des violences aggravées avec arme —, et lance : « à part voler, que font-ils ? » Selon son avocate, le père exerce depuis un an de petits boulots comme ouvrier agricole.
Le tribunal a finalement ordonné le maintien en détention des deux hommes jusqu’au renvoi du 27 octobre.
Une jeune femme laissée libre sous contrôle judiciaire
Sans antécédent judiciaire, la compagne du fils, âgée de 18 ans, a demandé à rester en liberté, pour son fils âgé de 4 ans. Cette femme tout juste majeure, est tombée enceinte à 14 ans, après avoir été déscolarisée dès la sixième. A l’audience, ce mercredi, elle a invoqué une appendicite et un traitement antidouleur pour justifier également son incapacité à aller en prison — provoquant l’ironie du président : « si vous aviez vraiment l’appendicite, vous ne seriez pas là du tout. » Elle échappe finalement à la détention jusqu’à son jugement. Elle est placée sous contrôle judiciaire, avec obligation de pointer chaque semaine à la gendarmerie et interdiction d’entrer en contact avec ses deux coprévenus.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555
















