A Toulouse, les locataires de la Cité-jardin du quartier des Argoulets, poursuivent leur combat pour protéger leur cadre de vie. Leurs maisons sont entourées de logements murés. Redoutant une opération de densification de l’habitat, ils souhaitent une mise en valeur patrimoniale de ce site unique.
A Toulouse, les 17 locataires de la Cité-jardin Georges Hyon, dans le quartier des Argoulets, poursuivent leur combat pour protéger leur cadre de vie. L’histoire de ces habitants âgés de 70 à 90 ans, ICI Occitanie vous en a déjà parlé dans le courant de l’été. Leurs maisons sont entourées de logements murés. Ils redoutent une opération de densification de l’habitat et craignent que leur bailleur social, Toulouse Métropole Habitat les mettent à la porte.
« On veut rester chez nous, on veut rouvrir les maisons » disent les locataires
Après avoir manifesté presque tous les samedis sur le marché cet été, après avoir recueilli, assurent-ils, près de 3000 signatures, ils ont passé un cap ce jeudi 10 septembre, ils ont organisé une conférence de presse.
Face à un beau miroir, à côté du meuble à vaisselle et avec dans un coin une très jolie poupée de porcelaine, les locataires de la Cité-Jardin Georges Hyon argumentent, depuis le salon d’un des leurs, auprès de la presse locale. ICI Occitanie, mais pas que : « La Dépêche, Reporterre, 100 % radio » se présentent tour à tour.
Les locataires de ces petites maisons HLM, qui datent pour certaines d’une centaine d’années, sont très organisées. « Ça, c’est la banderole pour faire signer des pétitions sur marché » : Jean-Pierre, le porte-parole du groupe, et sa femme Evelyne, conservent la banderole revendicative au pied de leur lit. On y lit : « Cité Jardin Georges Hyon. Non aux expulsions. Oui à la réhabilitation.«
Plutôt que de détruire, ils proposent de revitaliser la cité-jardin en rouvrant les maisons murées et en isolant les habitations. Gérard habite là depuis plus de 60 ans : « Les rouvrir, et puis celles où on habite, faire une isolation thermique. » Sa voisine, elle habite la maison d’à côté, enfonce le clou, Claudine voudrait : « que toutes les maisons qui ont été fermées soient réhabilitées et qu’il y ait de la jeunesse qui s’installe dans le quartier. »
Ils entendent conserver toute la verdure présente aujourd’hui autour d’eux – tilleuls, charmes, pins parasols – dit Éloïse :« La verdure aujourd’hui, c’est un élément indispensable en raison des conditions climatiques qui ne s’amélioreront pas d’après les bulletins météo« .
Ils ambitionnent également une mise en valeur patrimoniale car leur cité-jardin, construite dans les années 1928-1930, pour loger à moindre coût la classe ouvrière dans des maisons individuelles double ou quadruple, attire les visiteurs : « Ils viennent d’autres quartiers, de Rangueil, du centre ville, et nous parlons en tête à tête, comme je le fais avec vous, et on propose mêmes une visite particulière s’ils le veulent. »
Les locataires de la cité-jardin attendent beaucoup de la commission consultative des locataires de Toulouse Métropole Habitat, qui se tient le 16 septembre.
Locataires soutenus par une association qui défend le patrimoine culturel
Les locataires de la Cité-jardin Georges Hyon sont soutenus par l’association 7notre quartier, association très active aux Argoulets, dont Robert Sarcos fait partie. Il estime que la cité-jardin est un témoin très précieux de ce qu’était « le municipalisme » au début du XXème siècle :
« Si on enlève ces maisons, c’est tout un pan de l’histoire de la ville de Toulouse qu’on enlèverait, celle du début du XXᵉ siècle, parce que le municipalisme s’est développé pour se dégager du paternalisme patronal qui faisait des cités ouvrières. Il y avait là une population plus large, plus mêlée et mixée, une mixité sociale. »
Robert Sarcos ajoute : « Il faut la renforcer les visites guidées, il faut rajouter des panneaux, il faut mettre en valeur, il faut y faire venir les journées du patrimoine, il faut que le secteur de la mairie patrimoniale s’y investisse aussi. »
La mairie de Toulouse, contactée par ICI Occitanie, indique que les locataires seront prochainement reçus un par un par leur bailleur, elle précise qu’il n’est pas question de les expulser et souligne qu’avant de savoir comment réhabiliter le quartier elle attend de connaître les conclusions d’une étude de l’agence d’urbanisme (l’AUAT), qui doit être rendue dans le courant de l’automne.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555

















