Tedy, 20 ans, amputé de deux doigts après avoir été gravement blessé à la main par une grenade lors de la manifestation contre la vie chère à Toulouse le 24 octobre dernier, est toujours en observation à l’hôpital. Deux plaintes ont été déposées. L’IGPN, police des polices, a aussi été saisie.
Il faisait partie des dizaines de milliers de manifestants dans les rues de Toulouse lors de l’acte II contre la vie chère le 24 octobre dernier. Une semaine après, Tedy, serveur de 20 ans, amputé de deux doigts suite à une grave blessure à la main provoquée par une grenade, est toujours à l’hôpital. Son état n’est pas stabilisé, il pourrait subir une autre opération. Deux plaintes ont été déposées. L’une, « contre les policiers qui ont tiré la grenade ». L’autre, « contre Laurent Nuñez », le ministre de l’Intérieur. L’IGPN, la police des polices, a aussi été saisie.
« Les CRS ont jeté des grenades »
Vendredi 30 octobre, l’état de Tedy, « n’est toujours pas stabilisé », explique Me Anna Branellec du cabinet d’avocats Bouzrou Associés, en charge du dossier. Après une première opération et une amputation de ses deux doigts, l’homme de 20 ans est toujours en observation. « Il pourrait y avoir une autre intervention chirurgicale car il avait un moment une infection à la main, et la première opération n’a pas permis de savoir si ça allait s’arrêter là ou pas », raconte l’avocate.
« Comme beaucoup de gens », le serveur toulousain allait à la manifestation de lui-même, « sans participer aux violences ». Selon Me Anna Branellec, c’est en fin de manifestation que le jeune homme est blessé, lorsque les CRS décident de disperser les différents groupes. « Les CRS ont jeté des grenades, et une de ces grenades est tombée sur la main de Tedy », décrit-elle.
Deux plaintes déposées
Le lendemain de la manifestation, alors qu’il est entendu au CHU, Tedy dépose plainte une première fois. Mais en tout, deux plaintes sont déposées. « Une contre les policiers qui ont tiré la grenade qui a blessé gravement blessé Tedy », pour violences ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente.
Enfin, la seconde plainte vise directement le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. « Nous estimons qu’il y a une responsabilité de Laurent Nuñez dans cette affaire, qui avait interdit les grenades de désencerclements lors des rassemblements lycéens, et qui finalement les a réautorisées pour les manifestations des 17 et 24 octobre, en sachant parfaitement leur dangerosité puisque d’autres personnes avaient déjà été mutilées de la même façon ».
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555

















