Portée par la flambée du cours de l’or, une vague de vols à l’arraché de bijoux frappe Toulouse (Haute-Garonne), aussi bien son hypercentre que ses quartiers résidentiels. Du profil des agresseurs aux filières de revente en passant par le rôle clé de la vidéosurveillance pour la police, plongée au cœur d’un phénomène opportuniste qui cible principalement les personnes âgées, plus vulnérables.
Les vols à l’arraché se multiplient ces derniers mois à Toulouse. Si ces faits ne sont pas nouveaux, ils semblent se multiplier dès lors que le cours de l’or explose. Ce lundi 2 novembre, il s’établit à 116 000 € le kilo, confirmant l’envolée historique du précieux métal ces dernières années.
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Un bon filon pour des voleurs opportunistes, qui, en quelques secondes, engrangent parfois des milliers d’euros. Rien que vendredi dernier, trois individus âgés de 28, 29 et 30 ans coutumiers du fait ont été interpellés quartier Saint-Michel. Quelques heures plus tard, c’est un duo qui s’est attaqué à un Toulousain pour lui dérober deux bijoux en or. Mardi 27 octobre, une dame âgée de 83 ans a été ciblée quartier Guilheméry. L’auteur a été interpellé par la Brigade anticriminalité de la Ville rose.
« Vous n’avez pas tenté d’arracher la gourmette d’un rugbyman »
D’après une source policière bien informée, on se veut mesuré : il n’est pas question de parler de recrudescence spectaculaire ou soudaine, mais de faits plus réguliers ces derniers mois. Ce phénomène s’inscrit pleinement dans une dynamique nationale, directement corrélée à la valeur refuge de l’or.
« Le profil des voleurs à l’arraché est souvent le même : des hommes en situation irrégulière ou dans une grande précarité, qui agissent seuls et écoulent les bijoux le jour même auprès des commerces d’achats et de vente d’or », décrypte un magistrat toulousain.
Les personnes âgées sont la principale cible de ces opportunistes. Lors d’une audience de comparution immédiate printanière, au tribunal judiciaire de Toulouse, un procureur avait ainsi ironisé auprès d’un prévenu relevant qu’il « n’avait pas tenté d’arracher la gourmette d’un rugbyman ». « Ce sont souvent des actes d’une grande lâcheté commis au préjudice d’un public vulnérable et démuni », confirme son collègue du siège.
Une course contre la montre pour confondre les auteurs
La plupart des auteurs ne se limitent d’ailleurs pas aux seuls vols de bijoux : ils cumulent régulièrement d’autres faits, du cambriolage au vol violent, parfois dans toute l’agglomération toulousaine.
Pour les enquêteurs, confondre ces voleurs relève de la course contre la montre. Le plus facile reste le flagrant délit. Les bijoux en or, facilement dissimulables, sont parfois avalés ou jetés à la vue des patrouilles. Forts d’un culot à toute épreuve, ils nient. « Je l’ai trouvé par terre. » Lorsqu’ils parviennent à prendre la fuite, les agresseurs s’empressent de refourguer leur butin. Beaucoup n’hésitent pas à s’adresser directement à des commerces de rachat d’or.
Une vidéosurveillance qui facilite le travail d’enquête
Parfois, ces « opportunistes » s’attaquent tout de même à un profil plus jeune. Mais prennent leurs précautions. Plutôt que d’agir seuls, ils s’y prennent parfois à plusieurs. Dernier exemple en date mercredi 28 octobre, vers 19 h 15, deux hommes d’origine marocaine âgés de 21 et 18 ans ont arraché la chaîne en or d’un Toulousain de 29 ans, au niveau de la station de métro Esquirol. Grâce aux images de vidéosurveillance de Tisséo, ils ont été reconnus et appréhendés le lendemain, l’un d’eux avait même caché un médaillon dans sa bouche, sous la langue. Devant le juge, ils ont pourtant continué à clamer leur innocence malgré le flagrant délit. Ils ont été condamnés à de la prison ferme.
Le duo aurait été assez actif. D’autres bijoux attendent désormais de retrouver leurs propriétaires (voir photo ci-dessous).

Cette interpellation grâce au maillage de vidéosurveillance est un des arguments pour l’adjoint à la Sécurité de Toulouse, Emilion Esnault, pour l’étendre à d’autres secteurs et le renforcer dans le centre-ville. « Dans des quartiers résidentiels, comme d’autres, si nous avons une plainte pour vol et que nous sommes en capacité d’avoir la vidéo, cela permet d’élucider les enquêtes beaucoup plus vite. C’est notre projet municipal d’une caméra par rue », assure l’élu.
















