Victime d’un braquage à son domicile de Launaguet, un père de famille de 44 ans a vu les investigations se retourner contre lui. Après le vol de près d’un kilo d’or et de six armes, les gendarmes ont découvert une partie de son arsenal et se sont intéressés à ses activités. Jugé le 29 octobre devant le tribunal correctionnel de Toulouse, il a été condamné à trois ans de prison, dont deux avec sursis probatoire, sans être incarcéré à l’issue de l’audience. Un homme de 41 ans, qui reconnaît lui avoir vendu un revolver, a également été condamné. L’enquête sur la séquestration se poursuit.
Face au canon de l’arme d’un homme encagoulé, cet habitant de Launaguet ne s’imaginait pas finir lui-même devant un tribunal. Le 13 février 2026, trois individus armés surgissent chez ce père de famille de 44 ans et le séquestrent. Ils repartent avec près d’un kilo d’or, estimé à plus de 100 000 €, et six armes. Mais lorsque les gendarmes arrivent, ce qui reste dans la maison ouvre un autre dossier.
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Un arsenal à domicile
Un Colt caché sous un matelas, un pistolet-mitrailleur derrière un meuble, plus de 200 munitions… Les militaires découvrent des armes détenues illégalement. Interrogé, le quadragénaire reconnaît en posséder une dizaine. Parmi celles emportées par les braqueurs figurent un MP40, un fusil à pompe et un revolver Smith & Wesson .357.
L’or attire également l’attention des enquêteurs. « Je collectionne l’or depuis cinq ans. J’aime bien ça, c’est un placement financier », explique cet homme, dont les activités vont être examinées bien au-delà du préjudice subi lors du braquage.
La victime devient prévenu
Le parquet ouvre deux enquêtes. La première porte sur le braquage et la séquestration. Elle se poursuit et n’a, à ce stade, donné lieu à aucune interpellation. La seconde concerne les activités de la victime, poursuivie à son tour pour des faits liés aux armes et à son commerce d’or.
Au cours de ses auditions, le père de famille assure avoir acheté cet arsenal auprès d’un même homme. Ce dernier, âgé de 41 ans, vit sur une aire d’accueil des gens du voyage à Cugnaux. Les gendarmes l’interpellent le 27 octobre. Chez lui, ils découvrent un fusil de calibre 12, deux carabines et 248 munitions.
L’intéressé reconnaît les détenir illégalement et avoir vendu le Smith & Wesson au quadragénaire pour 3 000 €.
Des souvenirs qui changent
Devant le tribunal correctionnel de Toulouse, ce 29 octobre 2026, les déclarations du père de famille ne sont plus tout à fait les mêmes. La présidente le confronte à ses premières explications : « Face aux gendarmes, vous disiez avoir acheté toutes les armes auprès de ce revendeur illégal. Vous maintenez ? »
« Non non. Juste une. Les autres je ne me souviens plus. Sûrement que je les ai achetées sur le darknet », répond le prévenu, évasif.
Deux hommes condamnés
Défendu par Mes Sarah Nabet-Claverie et Axelle Chorrier, l’habitant de Launaguet est condamné à trois ans de prison, dont deux avec sursis probatoire, pour les faits liés aux armes et à son commerce d’or. Il n’est pas incarcéré à l’issue de l’audience.
Son coprévenu, représenté par Mes Alexandre Parra-Bruguière et Camélia Dilmi, écope de deux ans de prison, dont dix-huit mois avec sursis. Les auteurs du braquage, eux, restent recherchés.


















