Le célèbre « Lac des cygnes » sert de fil rouge à trois créations contemporaines avec le Ballet du Capitole, jusqu’au 19 mars. Une approche moderne de l’œuvre, sans la musique de Tchaïkovski, plébiscitée par le public.
Ce n’est pas la première fois que « Le Lac des cygnes » inspire les chorégraphes contemporains. Antonin Preljocaj a déjà revisité le célèbre ballet classique en mêlant notamment la musique de Tchaïkovski à des rythmes modernes afin de transposer le mythe de la princesse-cygne au cœur des problématiques actuelles. La proposition de Beate Vollack, directrice de la danse au Ballet du Capitole, faite à des chorégraphes d’aujourd’hui de reprendre un thème ou un aspect du « Lac des cygnes » donne lieu à trois créations captivantes, accueillies avec enthousiasme par les spectateurs du Théâtre du Capitole.
Pour ouvrir le bal des « Trois cygnes », le chorégraphe montalbanais Nicolas Blanc, qui mène une carrière prestigieuse aux États-Unis, propose un « Cantus Cygnus » de haut vol. Élégance des costumes, lumières raffinées, musique rythmique accompagnent les danseurs dans un même élan harmonieux. S’il s’est intéressé aux thématiques de l’éternité mais aussi du rapport de force et du pouvoir, présentes dans l’œuvre de référence, son ballet est fluide et d’une esthétique bouleversante. Les danseurs évoluent dans un rapport qui repose aussi bien sur l’humain que sur l’animal. C’est tendre, parfois féroce, toujours maîtrisé et tellement beau à regarder.
Pour sa première création en France, Nicolas Blanc a fait fort. Il n’y a pas à douter qu’avec son retour au pays cet été, il trouvera sa place sur la scène hexagonale. Après avoir connu le succès en tant que danseur étoile à San Francisco, il a signé des chorégraphies à New York et actuellement à Chicago.
L’autre moment magique de « Trois cygnes » est né d’une alchimie entre quatre danseurs judicieusement réunis par Jann Gallois. Issue des danses urbaines, la jeune chorégraphe propose « Incantation ». Un moment de danse envoûtant porté par l’enchantement de l’œuvre initiale et les corps entrelacés des danseurs. Deux femmes et deux hommes qui évoluent sur des rythmes électroniques, bien loin de la musique de Tchaïkovski. Pourtant, il se produit le même émerveillement. C’est aussi la première fois que Jann Gallois, codirectrice de l’Agora, cité de la danse de Montpellier, présente une création à Toulouse, mais ce n’est certainement pas la dernière.
Enfin, le spectacle se termine en apothéose avec « Black Bird » d’Iratxe Ansa et Igor Bacovich, directeurs de la compagnie madrilène Metamorphosis Danse. Un combat de cygnes fascinant sur fond de magie noire et de musique acoustique du Canadien Owen Belton. Les duos sont des duels portés par le tempérament des danseuses et des danseurs du Ballet du Capitole et les mouvements de groupe de grandes envolées qui conduisent à la métamorphose d’Odile en cygne noir. C’est dynamique, rythmé et toujours très esthétique.















