Le nouveau Conseil municipal de Montpellier sera installé samedi 28 mars. Derrière ces 69 élus, une réalité se dessine déjà : une large majorité autour de Michaël Delafosse, face à une opposition renouvelée mais minoritaire. Entre nouveaux visages et figures écartées, une page politique se tourne.
Au second tour des municipales, Michaël Delafosse a été reconduit avec 50,13 % des voix (38 668 suffrages), devant Nathalie Oziol (25,06 %) et Mohed Altrad (24,81 %). Un résultat net, mais plus serré qu’il n’y paraît : les deux oppositions réunies totalisent presque autant de voix que le maire. Pourtant, au Conseil municipal, l’équilibre est tout autre.
Une majorité écrasante qui laisse peu de place au doute
Avec 53 sièges sur 69, Michaël Delafosse dispose d’une avance confortable au conseil municipale de Montpellier. Un écart directement lié au mode de scrutin : la liste arrivée en tête bénéficie d’une prime majoritaire, qui lui attribue d’emblée la moitié des sièges. Le reste est réparti entre les autres listes selon leurs résultats.
Résultat :
- 53 élus pour la majorité
- 8 élus pour Nathalie Oziol
- 8 élus pour Mohed Altrad
Dans les faits, cette configuration permet à la majorité de faire adopter les décisions sans blocage, qu’il s’agisse du budget, des projets urbains ou des politiques publiques.
Une nouvelle génération d’élus… et des figures historiques de Montpellier qui disparaissent
Derrière ces chiffres, le Conseil municipal change de visage. Sur les 69 élus :
- 33 font leur entrée
- dont 22 dans la majorité
- 7 dans le groupe Oziol
- et 4 dans celui d’Altrad
Mais ce renouvellement s’accompagne de départs marquants. Le plus symbolique : Philippe Saurel, ancien maire, quitte la scène municipale après près de 30 ans de vie politique. Éliminé dès le premier tour, il ne siégera plus. À ses côtés, plusieurs figures locales disparaissent du paysage :
- Abdi El Kandoussi
- Hind Emad
- Roger-Yannick Chartier
- Jacques Domergue
Autre signal politique fort : plusieurs élus écologistes ayant quitté la majorité en cours de mandat, comme Coralie Mantion ou François Vasquez, ne retrouvent pas leur place. L’échec de la liste menée par Jean-Louis Roumégas, sous les 5 %, les laisse hors du Conseil. Entre départs et nouvelles entrées, c’est donc bien une recomposition politique complète qui s’opère.
Une majorité large, entre partis et société civile
La majorité municipale repose sur une coalition large mêlant partis politiques et profils issus de la société civile. On y retrouve des figures connues de la précédente mandature :
- Julie Frêche
- Sébastien Cote
- Christian Assaf
- Fanny Dombre-Coste
- Manu Reynaud
- Clara Gimenez
Mais aussi de nouveaux profils :
- la médecin Tal Anahory
- le doyen de faculté Guylain Clamour
- l’ancienne députée Muriel Ressiguier
- l’écologiste Grégoire Delforge
- ou encore Stéphane Hernandez, représentant associatif
Deux oppositions distinctes, bien décidées à exister
Face à cette majorité, l’opposition se structure en deux blocs.
Le groupe Nathalie Oziol (La France insoumise) : une opposition ancrée dans les luttes locales, qui entend peser dans le débat.
- Nathalie Oziol
- Antoine Bertrand
- Julia Mignacca
- Rhany Slimane
- Livia Jampy
- Kamel Moufid, 21 ans, plus jeune élu
- Alenka Doulain
- Nicolas Hillaire
Le groupe Mohed Altrad mêlant profils expérimentés et nouveaux entrants.
- Mohed Altrad
- Salim Jawhari
- Marie-France Boisbault
- Lilit Aghajanyan
- David Nocca
- Stéphanie Jannin
- Jérémy Orzechowski
- Patricia Mirallès
Malgré leur présence, ces deux oppositions ne totalisent que 16 sièges face aux 53 de la majorité. Leur rôle : contester, proposer, alerter… sans pouvoir bloquer.
Premier rendez-vous décisif le 28 mars
Le Conseil municipal d’installation se tiendra samedi 28 mars à 10h, à l’Hôtel de Ville, en séance publique.
Au programme :
- élection du maire
- désignation des adjoints
- répartition des délégations
Un moment clé qui marquera le lancement officiel du mandat. Les premières échéances sont déjà fixées :
- 8 avril : débat d’orientation budgétaire
- semaine suivante : vote du budget
Une majorité qui décide, une opposition qui s’installe
Avec une majorité aussi large, la trajectoire politique de Montpellier semble déjà tracée pour les prochaines années. Mais derrière cette stabilité apparente, une autre dynamique se met en place : celle d’une opposition contrainte numériquement, mais déterminée à exister politiquement. Entre renouvellement des visages, départs marquants et tensions politiques à venir, le nouveau Conseil municipal s’annonce à la fois stable… et sous surveillance.















