EXCLUSIF. Il a poussé les portes du commissariat central de Toulouse avec une idée en tête : s’incriminer (à tort) pour le meurtre d’un homme, tué d’un coup de couteau au cœur. Une affaire dans laquelle la compagne de la victime est la principale suspecte. Une histoire de fou.
Une démarche spontanée aussi inattendue que déstabilisante. Un homme de 39 ans a franchi les portes du commissariat central de Toulouse, mardi 5 mai, et demandé à parler à un enquêteur. Comme à chaque quidam qui se présente à l’Embouchure, les policiers affectés à l’accueil se sont enquis de la raison de sa venue. Ils n’ont pas été déçus !
Espoirs douchés
Ce sans domicile fixe originaire du Soudan venait, ni plus ni moins, s’accuser d’un meurtre. Remords tardifs ? Poids du secret trop lourd à porter ? Besoin de s’épancher ? Il était immédiatement auditionné. Les forces de l’ordre salivaient déjà à l’idée de résoudre un cold case.
Mais à la surprise initiale ont succédé l’hilarité, puis une déception générale. Espoirs douchés. « Il a affirmé avoir tué un homme en 2023, secteur Croix-de-Pierre. Il s’agit en réalité de faits de 2024, déjà élucidés », soupire un connaisseur du dossier.
Inspiré… par la reconstitution ?
Le repentant s’est en effet accusé d’avoir tué au couteau un homme de 46 ans. Pour ce crime, la compagne de la victime a été mise en examen et placée en détention provisoire. « Il disait qu’elle était en prison à sa place ». Sur avis du magistrat instructeur, soucieux d’établir la véracité de ces aveux tombés du ciel comme on tombe du camion, le sans-domicile était immédiatement placé en garde à vue. Il faisait alors… machine arrière, toute.
« Il a indiqué connaître la mise en cause et avoir entendu parler de l’affaire par des amis SDF », grimace l’une de nos sources. Pourquoi voulait-il s’incriminer à sa place ? Mystère. « Une reconstitution du meurtre a eu lieu la semaine dernière. Peut-être cela lui a-t-il donné des idées ? », s’interroge un enquêteur.
Homicide conjugal
Pour mémoire, le 2 août 2024, un homme de 43 ans avait reçu un coup de couteau mortel au cœur, à 50 m de la place de la Croix-de-Pierre. Des voisins, alertés par des cris, avaient appelé les secours peu avant 19 heures. Son décès avait été constaté sur place par le médecin du Samu.
Interpellée une heure plus tard cour Dillon, sa compagne se trouvait dans un état de sidération. Déjà condamnée pour des violences conjugales sur l’un de ses précédents compagnons, elle affichait les effets probables « de l’alcool et de la drogue », selon le procureur de l’époque, Samuel Vuelta-Simon.
À l’issue de son audition, le repentant affabulateur a été définitivement écarté de la liste des suspects qu’il avait pourtant mis tout son cœur à rejoindre, et laissé en liberté. Un mal pour un bien ?















