L’affaire de la MJC de Léguevin secoue la commune de l’ouest toulousain. Un animateur de 25 ans est incarcéré pour viols sur un adolescent de 13 ans. Des faits commis au sein d’une association. L’enquête cherche désormais d’éventuelles autres victimes.
C’était, en apparence, le salarié modèle. Toujours prêt à rendre service, irréprochable avec ses collègues comme avec les adolescents. Pourtant, derrière ce masque parfait se cachait probablement un prédateur. Mehdi D., employé de la MJC de Léguevin, à l’ouest de Toulouse, a été mis en examen et incarcéré pour viols. La victime, âgée de 13 ans au moment des faits, a déposé plainte.
Tout bascule durant l’été 2024. À cette période, un collégien, décrit comme brillant scolairement mais fragilisé personnellement, fréquente assidûment la Maison des jeunes et de la culture (MJC) de sa commune. Cette association accueille une quarantaine de jeunes à chaque ouverture les mercredis, samedis et durant les vacances scolaires. Au sein de cette équipe composée de bénévoles et de professionnels, Mehdi D., 25 ans, occupait un poste de salarié depuis 2022. Il était partout : sorties scolaires, événements municipaux, associations sportives. « Il était omniprésent », confie un habitant, sous le choc.
AirPods, restaurant…
Mehdi D. aurait noué une relation d’emprise avec l’un des adolescents de la MJC, s’immisçant progressivement dans son cercle familial. Prétendant vouloir aider la mère du jeune garçon, il proposait de le garder ou de le ramener chez lui. Sa générosité semblait sans limite, il a par exemple offert des AirPods et plusieurs sorties au restaurant. L’été 2024 marque le tournant criminel de cette relation. Lors d’une projection de film, l’adulte aurait commis des attouchements sur l’adolescent, avant de provoquer, quelques jours plus tard, des relations sexuelles imposées. Ces actes violents ont finalement été révélés par la victime à une amie, puis à la CPE de son collège. La direction de l’établissement a immédiatement alerté la famille. Contactée, l’avocate des parties civiles, Me Salomé Bégué, s’est refusée à tout commentaire sur cette instruction en cours.
Bientôt libéré sous contrôle judiciaire ?
Selon nos informations, le suspect a été interrogé en octobre 2025. Après avoir initialement nié, il a reconnu des relations intimes avec le plaignant. L’homme, pour qui les experts n’ont décelé aucune pathologie sexuelle, est en détention provisoire. Assisté par Me Jean Balbo, il soutient la thèse de « sentiments réciproques », une ligne de défense que son avocat n’a pas souhaité commenter, bien que la défense envisage désormais de solliciter une mise en liberté sous contrôle judiciaire.
Un tournant redouté par les parties civiles qui réclament des garanties de sécurité. De son côté, la MJC a engagé une procédure de licenciement à l’encontre du suspect. A-t-il pu faire d’autres victimes ? Si plusieurs enfants ont été reçus par le personnel de la MJC pour discuter, aucune autre victime potentielle ne s’est manifestée à ce jour. Mehdi D. reste mis en examen et présumé innocent jusqu’à l’issue de la procédure judiciaire. Il n’avait jusque-là aucun antécédent judiciaire. Sollicitée, la municipalité de Léguevin n’a pas souhaité commenter cette affaire sensible.













