Une mère de famille avait été violentée dans son appartement de Colomiers, en juillet 2024, sous les yeux de ses enfants. Les agresseurs cagoulés seraient venus réclamer une dette contractée par son ancien compagnon. L’enquête a conduit à plusieurs interpellations, entre Toulouse et Angers.
Une mère de famille avait vu surgir à son domicile des hommes cagoulés. Ils n’étaient pas venus cambrioler au hasard. Ils étaient venus réclamer une dette. Une dette qui n’était pas la sienne, mais qui aurait été contractée par son ancien compagnon, possiblement sur fond de trafic de stupéfiants. En ce jour de juillet 2024, la violence s’était invitée dans un appartement de Colomiers, sous les yeux d’enfants tétanisés.
La scène, d’après une source proche du dossier, a laissé une trace profonde. « C’était assez violent, assez traumatisant », résume cette même source. La victime aurait été frappée à coups de crosse. Treize jours d’incapacité totale de travail lui avaient été prescrits. Ses agresseurs lui auraient également arraché sa chaîne avant de s’emparer du téléphone de l’une de ses filles.
Depuis plusieurs mois, les enquêteurs travaillaient à remonter la chaîne de responsabilités. Leur hypothèse : cette séquestration aurait été commanditée à distance par un homme déjà incarcéré à l’époque des faits. Ce dernier, âgé d’une quarantaine d’années, est connu des services de police pour des affaires relevant du grand banditisme. Dans le dossier, les policiers s’intéressent aussi au rôle d’une intermédiaire, ainsi qu’à celui d’un homme originaire de Marseille, la trentaine, lui aussi défavorablement connu.
Des mises en examen ?
En début de semaine, les enquêteurs sont passés à l’action. Les agents de la brigade de répression du banditisme (BRB) ont mené plusieurs interpellations, à Toulouse mais aussi à Angers, où l’une des personnes recherchées a été arrêtée. Au total, plusieurs profils ont été visés : le commanditaire présumé, déjà détenu, son fils, le Marseillais et une femme soupçonnée d’avoir joué un rôle dans la préparation ou l’exécution de cette opération violente. Le fils du commanditaire présumé aurait finalement été mis hors de cause à ce stade.
Deux hommes doivent être présentés ce jeudi devant le parquet de Toulouse. Le détenu soupçonné d’avoir donné les ordres et le Marseillais présumé impliqué dans l’expédition devraient être mis en examen.
Le rôle de la femme interpellée à Angers reste plus incertain. Elle n’a pas encore été mise en examen, mais pourrait l’être dans les prochaines semaines, en fonction de l’évolution des investigations et des éléments réunis par les enquêteurs.
Les investigations doivent encore préciser le rôle de chacun : qui a ordonné, qui a organisé, qui a frappé. Mais l’affaire de Colomiers laisse déjà apparaître une logique de représailles familière aux enquêteurs spécialisés : faire peser sur l’entourage la dette supposée d’un absent, en transformant le domicile familial en lieu d’intimidation.













