Les ambulanciers du CHU de Toulouse ont durci leur mouvement de grève entamé il y a plus de deux semaines. Mobilisés pour obtenir des primes correspondant à un glissement de leur activité, ils ont bloqué, ce jeudi matin, la sortie des ambulances à Purpan. La direction de l’hôpital dénonce l’entrave au fonctionnement du service et fait état de pneus volontairement dégonflés et de téléphones déchargés.
En grève illimitée depuis le 11 mai, les ambulanciers du centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse poursuivent leur mouvement pour réclamer l’obtention de primes spécifiques en lien avec l’élargissement de leur activité. Ce jeudi 28 mai, ils ont même durci leur action. Dès le petit matin, aucune ambulance n’a pu sortir du garage à l’hôpital Purpan.
« Nous avons accentué notre blocage après l’échec de la dernière réunion avec la direction du CHU. Nous pensons qu’elle peut trouver une solution, c’est juste une question de volonté. En attendant, nous continuons. Il y a des ambulanciers assignés, ils sont dans leur véhicule mais ils ne peuvent pas sortir », résume Jérôme Jean-Charles, ambulancier au CHU de Toulouse, un des porteurs du dossier.

Pneus dégonflés, téléphones déchargés : la direction du CHU dénonce
Le mode d’action n’a pas manqué de faire réagir la direction du CHU de Toulouse. « Si le droit de grève est un droit fondamental et incontestable, le CHU de Toulouse ne peut accepter que la continuité du service public hospitalier et la prise en charge des patients soient entravées. Depuis le début de ce mouvement, il y a trois semaines, le CHU a constaté plusieurs actes d’entrave au fonctionnement du service : pneus d’ambulances dégonflés, téléphones professionnels déchargés et mélangés, ainsi que des blocages répétés des voies d’entrée et de sortie des ambulances », déclare la direction du CHU de Toulouse alors qu’un service minimum a été mis en place.
« Nous ne sommes pas de simples transporteurs »
Soutenus par une intersyndicale Sud et CGT, les ambulanciers du CHU de Toulouse réclament des primes spécifiques comme la NBI (nouvelle bonification indiciaire) pour répondre aux activités particulières et complexes qu’ils peuvent être amenés à réaliser. C’est le cas, notamment, du transport de détenus ou encore de patients à la demande du Samu et nécessitant un accompagnement médical. « Il y a un glissement de nos activités mais rien n’est officiel. On voit bien qu’on répond à un besoin mais il faut clarifier la situation. Nous devons donc être formés, avoir une fiche de poste spécifique et percevoir la prime qui correspond. Nous voulons aussi sortir de la filière logistique pour intégrer la filière de soins, car nous ne sommes pas de simples transporteurs, nous sommes des acteurs du soin », complète l’ambulancier gréviste.
Blocage levé à midi, reprise de la grève lundi
La direction du CHU de Toulouse rappelle « qu’aucune disposition réglementaire actuellement applicable aux agents de la fonction publique hospitalière ne permet au CHU de Toulouse de donner une suite favorable au versement des primes sollicitées ». Elle précise également qu’un travail de mise à jour des fiches de poste est engagé pour préciser les missions et les courses spécifiques et qu’un plan de formation est proposé aux ambulanciers.
Les représentants du personnel indiquent avoir levé le blocage dès 12 h « afin de permettre la prise en charge des patients ». Une reprise du mouvement, sur les mêmes modalités, est prévue lundi matin.















