Depuis plusieurs mois, les confrontations entre deux élèves du collège Jacqueline-Auriol de Villeneuve-Tolosane étaient fréquentes. Lundi, après les cours, elles se sont retrouvées et ont décidé de se battre. Ces violences se sont terminées par des coups de couteau. Une élève de 12 ans, blessée, a été hospitalisée. Celle qui a utilisé la lame, âgée de 14 ans, a été placée en garde à vue. Cette mesure a été prolongée ce mardi après-midi par le parquet.
« Ses jours ne sont, en revanche et heureusement, pas en danger, trois des quatre plaies étant superficielles. Elle n’a pas perdu connaissance et a même pu désigner la mise en cause, une jeune fille de 14 ans, qui a immédiatement reconnu les faits. » En donnant des nouvelles de la victime, le procureur de Toulouse, David Charmatz, se montre rassurant. L’unique bonne nouvelle d’une histoire qui semble couver depuis plusieurs mois et a explosé lundi en milieu d’après-midi, à la sortie des cours.
Deux collégiennes, qui partagent les cours dans la même classe de cinquième au collège Jacqueline-Auriol de Villeneuve-Tolosane, se sont retrouvées. Pas pour échanger les derniers potins, mais pour se battre. « Comme deux garçons », se désole une source proche du dossier. Et devant des témoins plus âgés, occupés à filmer la scène, et d’autres élèves, elles ont échangé de nombreux coups. Tombées au sol, la plus âgée, moins solide physiquement que son adversaire, s’est emparée d’un couteau et a porté plusieurs coups, notamment sur les bras. Elle a également été blessée aux mains.
Un litige ancien entre élèves
L’intervention du personnel de l’établissement et de témoins a mis fin à la confrontation. Quand la plus jeune, prise en charge par les pompiers et les urgentistes du Smur 31, prenait la direction de l’hôpital où elle restait hospitalisée ce mardi, son adversaire a été prise en charge par les gendarmes. « Elle a reconnu les faits immédiatement », précise le procureur de Toulouse.
Placée en garde à vue, entendue à plusieurs reprises par les enquêteurs de la brigade des recherches de la compagnie de gendarmerie de Villeneuve-Tolosane, ex-Toulouse-Mirail, en présence d’un de ses parents, la collégienne ne nie pas les violences et l’utilisation du couteau de cuisine. Cette arme, elle l’aurait mise dans ses affaires depuis plusieurs jours. Dans quel but ? Se défendre ou attaquer ?
Entre les deux élèves, l’opposition est ancienne. La mère de la jeune fille aujourd’hui désignée comme l’agresseuse a déposé plainte en fin d’année en gendarmerie pour dénoncer des faits de harcèlement et de violences. L’enquête n’a pas vraiment prospéré avant les coups échangés lundi. En revanche, alerté, le collège a convoqué les deux élèves en conseil de discipline après la plainte. Renvoyées à leurs responsabilités, chacune a été punie et exclue une journée de l’établissement. À leur retour, elles se sont retrouvées, à nouveau, dans la même classe. Cette décision curieuse n’a pas mis fin au conflit entre les deux adolescentes.
L’avocat de la jeune adolescente s’étonne du peu de réaction. « Ces violences interviennent dans un contexte où la victime se montre depuis plusieurs mois violente et harceleuse, comme en témoigne la plainte déposée en décembre, estime Me Alexandre Parra-Bruguière. Que l’Éducation nationale n’ait pas séparé ces deux élèves, malgré un harcèlement avéré, est anormal. »
L’Éducation nationale « condamne »
Les suites judiciaires données à cette affaire seront connues ce mercredi. Avec de possibles poursuites criminelles si le parquet des mineurs le décide à l’issue de la mesure de garde à vue. Elle a été prolongée ce mardi. La violence de la confrontation a créé le trouble dans et autour du collège de Villeneuve-Tolosane. Des parents s’inquiètent des tensions. Le rectorat a rapidement envoyé sur place, dès ce matin, l’équipe mobile de sécurité et la cellule psychologique. Et annonce d’ores et déjà un conseil de discipline !
Le directeur des services de l’Éducation nationale de la Haute-Garonne s’est rendu au collège tôt ce mardi matin pour « apporter le soutien de l’Institution » aux personnels du collège. Pour condamner, aussi, « avec la plus grande fermeté » les faits de violence entre élèves de l’établissement avant de saluer « le professionnalisme et la réactivité des équipes du collège » pour leur mobilisation.











