La crise du logement social s’aggrave à Toulouse. Devant l’école Sarrat, parents et enseignants alertent sur des enfants menacés d’expulsion, tandis que 50 000 demandeurs attendent toujours un toit dans le département.
« Pas d’élèves à la rue » : ce mot d’ordre a rassemblé mardi soir une poignée de parents, d’enseignants et de représentants associatifs, devant l’école maternelle Sarrat, place Dupuy à Toulouse. L’établissement accueille tout au long de l’année des enfants dont les familles, logées temporairement dans des hôtels voisins, se retrouvent sans abri lorsque leurs enfants atteignent l’âge de trois ans. « C’est un véritable drame. Les enfants ont besoin de stabilité, alors qu’ils vivent dans une insécurité permanente », confie une enseignante.
Un sursis précaire
Parmi ces familles figure Karine (prénom modifié), 46 ans, mère isolée d’un garçon de quatre ans, scolarisé sur place. Depuis deux ans, elle occupe, de manière illégale, un logement situé dans une maison appartenant au bailleur social Toulouse Métropole Habitat (TMH). Depuis l’expulsion, la semaine dernière, d’une famille avec quatre enfants, occupant l’autre partie du bâtiment, elle attend dans l’angoisse de subir le même sort. Bien qu’elle ait fait appel du jugement d’expulsion prononcé en 2025, cette procédure ne suspend pas l’exécution de la décision de justice.
La réponse du bailleur
Pour Karine, tout a basculé après une séparation. Elle vit un temps chez des proches, puis sous une tente et enfin dans un squat, où elle apprend sa grossesse. Hébergée à l’hôtel jusqu’aux trois ans de son fils, elle se retrouve sans solution en juillet 2024, malgré une demande de logement social déposée en 2019. Employée dans l’administration universitaire depuis 2022, ses 1 200 € mensuels ne lui permettent pas de se loger dans le privé. « Je sais que cette occupation est illégale, mais je n’avais pas d’autre choix. Je suis française, je travaille et je demande simplement un toit pour mon enfant et moi », explique-t-elle. Contacté, TMH rappelle que l’occupation sans droit ni titre d’un logement constitue un délit, et que les expulsions sont exécutées sur décision de justice, avec le concours des services de l’État. Le bailleur souligne également que le squat ne saurait conférer un droit prioritaire au relogement, alors que près de 50 000 demandeurs sont en attente d’un logement social dans le département. Concernant Karine, TMH affirme lui avoir présenté quatre propositions de logement : trois n’auraient pas abouti en raison de dossiers incomplets et une quatrième aurait été refusée. Sa demande de logement social est cependant toujours active. TMH précise également que les logements occupés illégalement font partie d’un ensemble de maisons vacantes depuis plusieurs années, car elles nécessitent d’importants travaux de réhabilitation, et que leur occupation est « potentiellement dangereuse ».










