Mardi en fin de matinée, sur l’asphalte de la station-service E. Leclerc de Roques, près de Toulouse, le ballet des automobilistes est quasi ininterrompu. Au lendemain du lancement de l’opération « carburant à 1,50 € », l’effet d’annonce porte ses fruits. Pourtant, pas de cohue monstre : si la file d’attente s’étire parfois jusqu’au rond-point d’accès, le flux s’écoule tranquillement. Les automobilistes, eux, sont emballés par l’idée de faire quelques économies.
« D’habitude, à cette heure-ci, c’est plutôt désert », constate Florian en coupant son moteur. Cet habitant du secteur est un habitué des lieux. Pour ce travailleur qui engloutit quatre à cinq pleins par mois, hors de question de passer à côté d’une telle opportunité. Du 1er jusqu’au 4 juin, la station-service de l’hypermarché E. Leclerc Roques propose un carburant à 1,50 € le litre sous forme de bon d’achat. « J’ai besoin de ma voiture pour bosser. Alors dès qu’il y a une promo, j’en profite. »
Près du rond-point d’accès à la station-service, quelques ralentissements se font parfois sentir. Mais la file avance vite. Quatorze pompes sont utilisées en continu.
« Ça met à manger dans le frigo »
Quelques mètres plus loin, Floriane est soulagée. Prise par le voyant orange de sa réserve, elle avoue tomber à pic. « Ça met à manger dans le frigo ! Je fais déjà mes courses ici, donc pour moi ce n’est que du plus. On ne va pas se plaindre », confie celle qui est déjà habituée à faire la queue pour un plein en fin de journée.
Pour certains, le fonctionnement de l’offre questionne. « Le prix affiché est toujours à 1,99 €. On a le bon à la fin du plein ? C’est ça ? », demande cette automobiliste à un autre qui vient de se servir. « Oui, regardez : j’ai le bon d’achat sur le ticket », montre-t-il.
À partir de 20 litres achetés, les clients auront un prix de revient de 1,50 € le litre via un bon d’achat sur leur ticket de caisse, valable sur leurs courses à l’hypermarché à partir de 40 € d’achat jusqu’au 30 juin. Là aussi, il faut avoir la carte de fidélité du magasin.
Pas de problème pour Karim, qui la demandera. « Je mets 30 € de carburant par semaine. À la fin du mois, ça pèse lourd », constate ce travailleur de Muret. Il regarde son ticket avec un léger sourire : « J’ai eu 15 € de bon d’achat. »
Pas de ruée vers l’or noir
Si la plupart des automobilistes rencontrés sont déjà clients du magasin, d’autres viendront uniquement pour bénéficier du dispositif promotionnel. Djibril, habitué d’une station concurrente de Portet-sur-Garonne, a fait le calcul : « Il y a déjà 8 centimes de différence au litre sur le gazole ici. Avec le bon d’achat en plus, ça vaut le coup. »
Si l’opération séduit majoritairement une clientèle locale et d’habitués, elle remplit son objectif de fidélisation sans provoquer pour autant une ruée vers l’or noir.
Ce qui est sûr, c’est que pour ceux qui prévoient leur budget au centime près, le carburant devient une charge de plus en plus lourde. L’opération à visée marketing est finalement perçue comme une petite bouffée d’oxygène bienvenue pour le pouvoir d’achat.











