Pierre, qui vit à Avignon (Bouches-du-Rhône), bataille depuis le mois de février avec sa banque pour obtenir le remboursement d’une assurance-vie contractée par sa mère âgée de 90 ans et qui a besoin de fonds pour payer son logement en Ehpad à Balma, près de Toulouse.
C’est une affaire kafkaïenne. Pierre, qui vit à Avignon (Bouches-du-Rhône), tente depuis le mois de février d’obtenir auprès de sa banque le remboursement d’une assurance-vie contractée par sa mère, âgée de 90 ans, logée dans un Ehpad à Balma, près de Toulouse, après un accident cardiaque. La dame âgée doit débourser chaque mois un loyer de 3 500 euros, alors qu’elle ne perçoit que 2 000 euros de sa retraite de l’Éducation nationale.
« On comptait sur son assurance-vie »
Son état général ne lui permet pas de prendre en charge ses affaires courantes et c’est son fils Pierre qui détient une procuration pour gérer son compte. « On comptait sur son assurance-vie d’un montant de 250 000 euros, répartie sur trois comptes, pour payer son Ehpad mais je commence à désespérer, explique Pierre. Ma mère possède des assurances-vie et nous avons demandé à la CNP (Caisse nationale de prévoyance) de libérer cette somme pour qu’elle puisse payer son Ehpad, en plus de sa retraite. Ma maman a été institutrice toute sa vie et a économisé de l’argent dont elle a besoin aujourd’hui. »
L’argent est bloqué…
La dame âgée a dû se déplacer en déambulateur, raconte son fils, jusqu’à la Banque postale de Balma pour « remplir les documents demandant le rachat partiel de ces assurances-vie ». Mais la situation s’est enlisée : « Normalement, ces actions se font en une semaine ou quinze jours, ajoute Pierre. Depuis plus de quatre mois, le service de « conformité interne » de la CNP s’est saisi du dossier, mais bloque sans explication le versement et l’argent n’a toujours pas été débloqué. La situation financière de ma maman est dans le rouge actuellement et le risque existe de ne plus pouvoir payer son logement ».
« Comme si ma mère était une terroriste »
Un dernier courrier adressé au service relations clients de la CNP Assurances, en mai dernier, n’a pas permis de débloquer cette situation ubuesque. La CNP arguant d’un contrôle concernant le « blanchiment d’argent ». « Comme si ma maman était une terroriste, c’est scandaleux », s’insurge Pierre.
Réponse de la banque : « En application du code monétaire et financier, CNP Assurances doit respecter les obligations réglementaires relatives à la lutte contre le blanchiment des capitaux et au financement du terrorisme imposées aux compagnies d’assurances. Afin de respecter cette réglementation, des vérifications et des contrôles supplémentaires peuvent être nécessaires. Nous pourrions également vous demander des documents complémentaires. Ceci impacte nos délais de traitement et de réponse ».












